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Les enjeux du voyage

samedi 25 novembre 2006

Le dialogue entre Benoît XVI et Bartholomée Ier est un point fort du voyage du Pape en Turquie. Comprendre en 2 minutes chrono.

Le voyage du pape Benoît XVI en Turquie, programmé avant l’affaire du discours de Ratisbonne, aura pour point fort les rencontres du souverain pontife à Istanbul avec le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, représentant spirituel des Orthodoxes.

Dès les permières annonaces du voyage, le Vatican s’est employé à rappeler la dimension oecuménique de ce voyage. "Il aura une grande signification pour le dialogue entre l’Eglise catholique et l’orthodoxie" séparées depuis un millénaire, a souligné le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican.

L’Eglise catholique revendique un milliard de fidèles dans le monde entier tandis que les Orthodoxes seraient selon les estimations de 300 millions.

Convié à Istanbul par Bartholomée Ier dès le début de son pontificat au printemps 2005, le pape a dû attendre d’être formellement invité par les autorités turques pour accomplir ce voyage.

Les deux chefs religieux signeront le 30 novembre une déclaration commune, mais celle-ci ne devrait pas comporter de grandes avancées, selon les experts.

Le pape Benoît XVI a fait de la réconciliation avec les Orthodoxes une des priorités de son pontificat.

Séparées depuis le schisme de 1054, l’Eglise catholique, héritière de l’Eglise chrétienne d’Occident et les Eglises orthodoxes issues de l’Eglise d’Orient, ont entrepris depuis un demi-siècle de se rapprocher, avec des hauts et des bas dans le dialogue.

Catholiques et orthodoxes sont en désaccord sur la question de la "primauté" du pouvoir du pape, et divergent également sur diverses questions théologiques.

Parmi de récents signes positifs, le Vatican a salué la réunion en septembre à Belgrade de la commission pour le dialogue théologique entre les deux confessions, après six ans d’interruption.

Le dialogue souffre cependant des divisions du camp orthodoxe : l’autorité spirituelle de l’archevêque de Constantinople, dont le titre de patriarche oecuménique est issu de l’histoire, est contestée par l’Eglise russe, la plus importante numériquement.

Avant Benoît XVI, les papes Paul VI et Jean Paul II s’étaient déjà rendus en Turquie pour y rencontrer le patriarche orthodoxe. Mais le chemin de la réconciliation passe nécessairement par Moscou, relèvent les experts.

Malgré son désir, Jean Paul II n’a jamais pu rencontrer le patriarche Alexis II, ni à Moscou, ni ailleurs. Un projet de rencontre en terrain neutre, en Autriche, en 1997, a capoté en raison d’une aggravation du litige autour de l’Eglise "uniate" d’Ukraine, accusée par le patriarcat de Moscou d’être un cheval de Troie catholique en terre orthodoxe.

Depuis le début du pontificat, les relations entre Moscou et le Vatican se sont nettement réchauffées, au point qu’une rencontre au sommet est à nouveau envisagée.

"Ni le patriarche Alexis ni le pape Benoît XVI n’excluent la possibilité d’une telle rencontre", avait déclaré en juin dernier le métropolite Kirill de Smolensk, numéro deux de l’Eglise russe.

Mais ce voyage "est impensable actuellement, car prématuré", tempère un proche du dossier au Vatican. "Alexis ne veut pas qu’une telle rencontre soit de pure forme, et il a raison".

Source : InfoCatho.

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