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Il y a quelques jours, le pape François en la cathédrale St-Georges au cours d’une prière œcuménique s’est incliné devant le patriarche Bartholomée, sa tête sur son cœur pour recevoir sa bénédiction. Premier geste d’un pape d’une telle intensité envers le successeur de l’apôtre Pierre. Il a participé à la divine liturgie le lendemain dans l’église patriarcale saint Georges pour la célébration de la Saint André.

 

L’œcuménisme n’est pas uniquement un désir bien formulé sur le papier mais un désir concret dans la rencontre avec nos frères chrétiens. Le pape n’est-il pas ainsi fidèle à ce qui ne cesse de nous dire «sortez»! Il applique lui-même ce qu’il nous demande.

Le pape François rencontre un frère et non un concurrent qui lui prendrait la première place. Le successeur de Pierre, rencontre le successeur d’André. Ces deux apôtres étaient frères pourquoi leurs successeurs ne le seraient pas?

 

Bien sûr l’histoire a «séparé» les deux églises sœurs mais qu’est-ce qui est le plus important, l’histoire qui sépare ou la rencontre de frères dans la foi? Comme l’a souligné le patriarche Bortholomée:

«…dialogue entre frères et non, comme autrefois, entre adversaires, dispensant avec droiture et franchise la parole de la vérité, tout en nous respectant mutuellement en tant que frères.»

 

Après les magnifiques paroles du patriarche, le pape François place la rencontre humaine au centre de l’œcuménisme et ceci bien avant les échanges d’idées.

«Nous rencontrer, regarder le visage l’un de l’autre, échanger l’accolade de paix, prier l’un pour l’autre sont des dimensions essentielles de ce chemin vers le rétablissement de la pleine communion à laquelle nous tendons. Tout ceci précède et accompagne constamment cette autre dimension essentielle de ce chemin qu’est le dialogue théologique. Un authentique dialogue est toujours une rencontre entre des personnes avec un nom, un visage, une histoire; et pas seulement une confrontation d’idées. Cela vaut surtout pour nous parce que la Vérité est la Personne de Jésus-Christ!

J’estime important de rappeler le respect de ce principe comme condition essentielle et réciproque au rétablissement de la pleine communion, qui ne signifie ni soumission l’un à l’autre, ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère du salut réalisé par le Christ Seigneur, par l’Esprit Saint. Je veux assurer à chacun de vous que, pour arriver au but désiré de la pleine unité, l’Église catholique n’entend pas imposer une quelconque exigence, sinon celle de la profession de foi commune, et que nous sommes prêts à chercher ensemble, à la lumière de l’enseignement de l’Écriture et de l’expérience du premier millénaire, les modalités par lesquelles garantir la nécessaire unité de l’Église dans les circonstances actuelles: l’unique chose que désire l’Église catholique, et que je cherche comme Évêque de Rome,«l’Église qui préside dans la charité»,c’est la communion avec les Églises orthodoxes. Cette communion sera toujours le fruit de l’amour«qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné»amour fraternel qui donne expression au lien spirituel et transcendant qui nous unit comme disciples du Seigneur.»

 

 

Trois voix appellent l’urgence de l’oecuménisme

La voix des pauvres, la voix des victimes des conflits, la voix des jeunes. En parlant des jeunes le pape n’a pas oublié les autres chrétiens.

«Ce sont justement les jeunes – je pense par exemple aux multitudes de jeunes orthodoxes, catholiques et protestants qui se rencontrent dans les rassemblements internationaux organisés par la communauté de Taizé – qui aujourd’hui nous demandent de faire des pas en avant vers la pleine communion. Et cela non parce qu’ils ignorent la signification des différences qui nous séparent encore, mais parce qu’ils savent voir au-delà, ils sont capables de recueillir l’essentiel qui déjà nous unit.»

 

D’ailleurs, comment pouvons-nous annoncer de manière crédible le message de paix qui vient du Christ, si, entre nous, continuent d’exister des rivalités et des querelles?

 

Maurice Quéloz

 

Source et logo : Cath.ch