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Les JMJ 2005... et après ?

samedi 10 septembre 2005

Quatre semaines après le retour de Cologne, Mgr Pierre Bürcher a été interviewé par Kath.net sur les Journées mondiales de la Jeunesse 2005.

KATH.NET : Monseigneur, quelles sont vos impressions au retour des JMJ à Cologne ?

Mgr Pierre Bürcher : Les Journées Mondiales de la Jeunesse 2005 de Cologne ont été une fête de la foi catholique. Pour moi, après Paris, Rome et Toronto, c’étaient les 4e JMJ que j’ai eu la joie de vivre. Mon impression est qu’à chaque fois les JMJ ont gagné en intériorité et en engagement missionnaire. J’en veux pour preuve le thème choisi pour cette année : « Nous sommes venus l’adorer ». Et le but était effectivement de faire découvrir aux jeunes ce que cela veut dire vivre dans ce monde en adorateurs du Dieu vivant.

KATH.NET : D’après votre expérience, comment les jeunes suisses présents aux JMJ ont-ils vécu cette rencontre ?

Mgr Pierre Bürcher : Je ne peux que me prononcer en ce qui concerne l’expérience des jeunes Suisses romands, car je les ai rejoints à plusieurs reprises. Ils ont vécu cette Journée mondiale de la Jeunesse dans la joie, la ferveur, la foi et l’engagement. J’étais impressionné de voir que rien ne pouvait briser la joie de vivre ces JMJ, même pas les longues attentes pour les déplacements, les aventures quotidiennes pour obtenir les repas, les nuits souvent trop courtes… Ces JMJ 2005 ont à nouveau élargi le regard et le coeur des jeunes suisses. Elles leur ont permis de mieux connaître et aimer le pape ainsi que les jeunes venant de tous les horizons de Eglise universelle.

KATH.NET : A quelles rencontres avez-vous participé à Cologne ?

Mgr Pierre Bürcher : Au cours de la semaine, j’ai participé au maximum de mes possibilités à beaucoup de rencontres. J’étais présent à la Messe d’inauguration des JMJ présidée par le cardinal Lehmann à Düsseldorf qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de jeunes dans une Eucharistie joyeuse, festive, internationale, catholique. Comme environ 300 autres évêques, j’avais été invité à donner deux catéchèses : le jeudi à un groupe de Belges et le vendredi à des Français.

J’ai tenu aussi à rejoindre les jeunes là où ils vivaient, malgré la difficulté des déplacements et du programme chargé. C’est ainsi que j’ai eu la joie de présider à Kaarst, près de Düsseldorf, la Messe de clôture du samedi matin pour les jeunes de Suisse romande avant qu’ils entreprennent leur approche vers le Marienfeld. C’était une Messe où j’ai senti une très grande ferveur ainsi qu’une édifiante amitié créée entre les paroissiens jeunes et adultes de la région et les jeunes de Suisse romande. Le courant était vraiment passé. J’ai senti là que les jeunes ont pu faire l’expérience de l’Eglise vivante et jeune d’aujourd’hui.

Le samedi après-midi, j’ai voulu aller voir sur le Marienfeld où se trouvaient les Suisses romands. J’ai marché pendant près d’une heure parce que les romands étaient très éloignés du podium. Heureusement, j’avais un plan, parce que le terrain était immense. C’était une marche plutôt sportive… Partout, des jeunes s’étaient installés sur le pré. Il régnait une atmosphère amicale et en même temps une attente de voir arriver le Pape. J’ai été frappé par l’accueil joyeux et chaleureux des jeunes qui voyaient passer près d’eux un évêque en soutane… Un jeune m’a dit : « merci de nous montrer que l’Eglise est si proche de nous ! » Le Pape Benoît XVI nous l’a montré lui-même si humblement.

KATH.NET : Comment avez-vous perçu les messages du Pape adressés aux jeunes du monde ?

Mgr Pierre Bürcher : Le Pape Benoît XVI a eu le grand mérite d’être lui-même. Avant les JMJ, j’étais persuadé que ce serait une réussite et que le courant passerait. Cela s’est bien réalisé ainsi. L’accueil du Saint Père de la part des jeunes a été chaleureux. Les jeunes ont compris que le Pape les aimait et ils le lui ont bien rendu. Son message a été non seulement applaudi à maintes reprises mais aussi transmis au loin pour le vivre au quotidien, malgré les difficultés.

KATH.NET : Comment avez-vous vécu la religiosité des jeunes à Cologne ?

Mgr Pierre Bürcher : D’après l’expérience que j’ai vécue personnellement, les jeunes ont fait preuve d’un admirable sens de l’adoration. En effet, lors des célébrations ils ont pu être à la fois très enthousiastes, mais en même temps capables d’un grand silence et d’un grand recueillement. Avec beaucoup de foi et de générosité, les jeunes ont répondu à l’invitation qui leur était faite de recevoir le Sacrement du Pardon : chaque jour, les prêtres étaient à disposition pour les confessions tant dans les églises que sur la rue ou sur les places. La joie de la réconciliation et de la paix inondait une multitude de visages. Un vrai lifting spirituel pour le temps présent ! Et qui peut transformer le monde.

KATH.NET : Qu’attendez-vous des JMJ de Cologne ?

Mgr Pierre Bürcher : Ces JMJ à Cologne restent pour moi un immense signe d’espérance pour notre temps. En effet, de voir cette jeunesse venant du monde entier s’ouvrir les uns aux autres dans le respect, dans la joie, dans l’amitié c’est l’Eglise qui se construit, l’Eglise qui est Communion, sous la conduite de son nouveau Pasteur universel. Le Pape Benoît XVI ne s’est-il pas présenté à Cologne, avec beaucoup d’amour, heureux d’être au milieu des jeunes, de soutenir leur foi et d’animer leur espérance ?

KATH.NET : Que signifie cette XXe JMJ à Cologne pour l’Eglise en Suisse ?

Mgr Pierre Bürcher : L’expérience de cette 20e JMJ est certainement un défi pour l’Eglise qui est en Suisse. A Cologne, l’enthousiasme des jeunes a démontré, selon une bonne analyse faite par le Président de la Conférence des évêques suisses, « qu’ils voulaient devenir des chrétiens acteurs dans la nouvelle Europe, construite sur l’amitié entre les peuples, sur la solidarité avec au centre l’homme plutôt que les intérêts économiques particuliers et les comptes publics d’un pays particulier ».

Si les jeunes suisses peuvent être les adorateurs du Dieu vivant au milieu de leurs camarades, cela fera progresser l’Eglise qui est en Suisse et cela fera marcher beaucoup de jeunes sur le chemin de la sainteté.

KATH.NET : Comment les jeunes peuvent-ils concrétiser les expériences vécues aux JMJ, au niveau spirituel et communautaire ?

Mgr Pierre Bürcher : Il faut espérer que les jeunes puissent s’engager dans notre pays à communiquer à leurs camarades les expériences qu’ils ont vécues au cours de ces journées, soit au niveau spirituel mais aussi dans l’engagement social auquel les jeunes ont aussi été sensibilisés au cours de ces journées. Car il n’est pas possible d’aimer Dieu sans aimer son prochain. L’Eucharistie nous envoie en mission.

KATH.NET : Comment passer du grand événement à la petite cellule d’une paroisse, d’un groupe de jeunes ou un groupe de prière ?

Mgr Pierre Bürcher : Le chemin passe par le témoignage et la conversion de chacun. C’est cela que le Christ attend de chacun de nous : que nous sachions emprunter le chemin pour venir l’adorer et l’ayant rencontré profondément, également dans notre prochain, cela nous fera changer notre mode de vie, au niveau spirituel et social, comme les mages ont dû changer de chemin pour retourner dans leur pays.

KATH.NET : Existe-t-il des manifestations ou projets concrets pour accompagner les jeunes de Cologne sur la route vers et dans l’Eglise ?

Mgr Pierre Bürcher : Le Pape Benoît XVI vient de le dire admirablement lui-même : « Il me semble qu’au terme de cet événement, la demande que les jeunes nous adressent pourrait se résumer ainsi : ‘Oui, nous sommes venus l’adorer. Nous l’avons rencontré. Aidez-nous maintenant à devenir ses disciples et ses témoins’. C’est un appel exigeant, mais consolant pour le cœur d’un Pasteur. Que le souvenir des journées vécues à Cologne sous le signe de l’espérance soutienne notre service commun ! » Des rencontres régionales vont avoir lieu en Suisse, comme cela a été le cas après toutes les JMJ auxquelles les Suisses ont été sensibilisés. Ce chemin sera à parcourir à l’avenir de façon à ce que les jeunes puissent vraiment participer activement à la construction d’une Eglise toujours plus unie et toujours plus universelle, en communion avec le Pape et les évêques. Chacun est appelé à jouer le véritable rôle que le Christ attend de lui, sans vouloir prendre la place des autres mais en répondant à sa véritable vocation, pour que la sainteté de chacun contribue vraiment à la sainteté de tout le Peuple de Dieu en marche. Ce chemin nous conduit vers notre Patrie définitive. Là nous adorerons sans fin.

Interview : Stefan Bolli
www.kath.net

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