Notre voyage a débuté cinq jours avant le début de cette semaine de fête, le mercredi 10 août. Notre destination était alors le nord de l’Espagne, dans la région de Santander, en Cantabrie, avec pour escale la ville française de Carcassonne où nous devions passer la nuit dans une abbaye, avec visite de la cité médiévale le soir. Malgré le grand nombre d’heures de car qui nous attendait, la bonne humeur était au rendez-vous tout au long du trajet.
L’arrivée à Castro Urdiales, ville proche de Santander, s’est traduite par une manifestation de joie de la part de tous les jeunes romands dont nous avions fait la connaissance le long du trajet, ainsi que des habitants de la paroisse.
Nous fûmes accueillis dans des familles de la ville, des familles incroyables ; certes la langue était parfois un problème majeur, mais la situation se résolvait toujours, tant nos hôtes étaient chaleureux et heureux de nous voir. Les quitter fut émouvant, après tout ce qu’ils avaient fait pour nous.
Notre séjour en Cantabrie a été une succession de célébrations et d’activités diverses en Cantabrie, telles qu’une rencontre avec le maire de notre ville d’accueil, ou un temps de baignade à la plage. Nous avons également assisté à une célébration en l’honneur de la Vierge dans un monastère.
Lors du dernier soir à Castro-Urdiales, juste avant de faire route vers Santander, un repas réunissant tous les romands a été organisé : c’est à cette occasion que les cuisiniers et autres personnes ayant contribué au bon déroulement de notre séjour en Cantabrie ont été remerciés. Il se trouve que les personnes en question se sont montrées si chaleureuses envers nous qu’il nous a été à plusieurs reprises difficile de savoir qui remerciait qui… Le lendemain, le dimanche 14 août, notre voyage repris en direction de Santander même, où nous avons participé à une procession dans les rues de la ville et au bord de l’océan, accompagnant le « lignum crucis », plus grand morceau de la Croix du Christ, ramené en Espagne le temps des croisades, le tout suivi du concert d’un groupe chrétien espagnol.
« Esta es, la Juventud del Papa »
C’est le lendemain matin, le lundi 15 août que nous avons quitté l’université de Cantabrie, où nous avions passé la nuit, certes courte, entamant ainsi les dernières heures de car à destination de Madrid. Le bus est arrivé sur place en fin de journée, devant l’école qui nous accueillerait durant toute la semaine des JMJ. Nous y avons fait la connaissance des autres membres de Nyon qui ne venaient que pour les JMJ proprement dites, et les martiniquais qui dormaient également dans cet établissement, où nous dormions à même le sol dans le préau. Le soir même, nous avons découvert ce qui fait probablement partie des grandes richesses des Journées Mondiales de la Jeunesse : les rencontres avec les gens d’un autre pays, d’une autre culture, présents à Madrid pour la même chose que nous. En moins de trois heures, nous avons rencontré des martiniquais, des russes, des biélorusses des français, des allemands, des italiens, des américains… Et tous témoignaient ouvertement de leur joie, leur joie d’être tout simplement là.
C’est à partir de ce moment que les journées se sont déroulées à une vitesse effrénée.
Le mardi, les dernières personnes du groupe de Nyon nous ont rejoint lors de la première catéchèse, animée par Mgr Marian Eleganti, évêque des jeunes de Suisse, afin de partager cette semaine avec nous. L’équipe était enfin au complet. Le jour-même, après avoir assisté au concert de P.U.S.H et à une petite réception organisée par l’ambassade de Suisse en Espagne, avec nos amis Suisses allemands et tessinois, notre groupe a assisté à la messe d’ouverture dans les rues de Madrid, une messe à « grande échelle », vu qu’elle regroupait des dizaines de milliers de personnes… Les trois jours suivants, des catéchèses ont été organisées chaque matin, toujours suivies d’une célébration partagée avec des groupes de Haïti et de Nouvelle Calédonie. Ces célébrations se sont toujours déroulées dans une atmosphère des plus agréables et joyeuses, grâce aux prestations des autres pays, aux séances de partage, aux témoignages…
L’un des nombreux temps forts de cette semaine a été l’accueil du Pape. Des dizaines de milliers de personnes encore attendant dans la rue pour apercevoir la « papamobile », sous l’ombre des drapeaux de tout les pays du monde, est une vision que l’on peut difficilement oublier.
Mais à ce moment-là, nous ne nous imaginions pas que le meilleur était encore à venir…

Un, cent, mille, deux millions…
Nous avons quitté l’école qui nous avait accueillis six jours durant le samedi 20 août vers midi, à destination de l’aérodrome de Cuatro Vientos, situé à environ huit kilomètres de Madrid. La marche qui devait nous y amener a été un moment fantastique : après des tunnels de métro plus que bondés, nous nous déplacions par quarante degrés avec de lourds sacs de voyage, les habitants locaux déversant des litres d’eau par les fenêtres de leurs appartements dans le but de nous rafraichir…
Lorsque nous sommes arrivés à l’aérodrome, nous avons tenté de rejoindre la zone D5, espace où nous étions supposés passer la nuit : seulement, comme il y avait plus de deux millions de personnes sur place, nous avons dû nous installer plus loin et par la même occasion séparer le groupe en plusieurs petites entités, étant donné que plus aucune zone ne se permettait d’accueillir trente personnes au même endroit, les gens étant bien étalés avec tentes et nattes de sol.
Le fait de se trouver au milieu de ce monde réuni dans une ambiance festive est quelque chose d’impressionnant.
Lors de la veillée du samedi soir, un orage violent a éclaté, ne changeant en rien l’humeur joyeuse de la foule. Il semblait même que l’orage ait été vaincu par les chants entonnés par les pèlerins. Après un moment d’échange avec le groupe, qui a finalement pu se rassembler tout entier, loin de la grande scène, mais autour de diverses boissons rafraîchissantes, nous avons tant bien que mal réussi à nous endormir, les yeux dirigés vers les étoiles que les nuages avaient visiblement décidé de nous laisser admirer.
Le dimanche matin, notre groupe s’est divisé entre ceux qui savaient rester rationnels en optant pour un retour en avion, le dimanche et les ’’aventuriers’’ qui se lançaient dans un trajet de plus de vingt heures en car, qui aura finalement été plus court qu’estimé, mais pas moins fatiguant. C’est assommé par la fatigue mais la tête pleine de souvenirs que nous sommes arrivés en Suisse.
« JMJ power »
Que dire de ces journées mondiales de la jeunesse ? En premier lieu, ce n’est pas prendre de grands risques que de dire : « c’est vraiment un truc de fou » (merci pour la définition, Roberto). Et c’est vrai. En effet, il est relativement rare de manger dans un McDo avec des pakistanais, des palestiniens et des anglais tous réunis… Il est aussi difficilement imaginable de célébrer une messe dans un cirque, chose que les JMJ rendent possible, créant ainsi des moments inoubliables. Ce fut également l’occasion de rencontrer des gens qui vous témoignent une amitié et une gentillesse sincères tout au long de la semaine.
Ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous impatients de revivre tout cela dans deux ans à Rio !!!
M-E-R-C-I, merci merci merci !!!
Merci à Guillaume, Elodie, Mathilde, Joëlle, Christophe, Olivia, Xavier, Manu, Nadia, Chloé, Alexandre, Danilo, Sébastien, Olivier, Roberto, Célien, Alain, Maria, Damien, Estelle, Arnaud, Roxane, Emilie, Nathalie, Raphaël et tous les autres qui nous ont fait rêver pendant cette fantastique semaine à Madrid ! Merci !
Pour le groupe, Samuel Macherel
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