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Les principales erreurs du Da Vinci Code

mercredi 10 mai 2006

Un an après sa parution, le roman de Dan Brown, suscitait la passion autour de lui. Aujourd’hui, le film est bientôt dans les salles. Petit éclairage pour ne pas regarder idiot cette super production : les erreurs principales du Da Vinci Code de Dan Brown.

Les erreurs du Da Vinci Code de Dan Brown sont nombreuses. Avant de nous attacher aux erreurs de contenu, il nous semble important de souligner une erreur de méthodologie assez curieuse.

Des sources curieuses

Les affirmations du Da Vinci Code sont toutes reprises d’ouvrages de pseudo-histoire comme « L’énigme sacrée » ou « La révélation des templiers ».

Le premier « fait avéré » sur lequel Dan Brown construit son roman, le prieuré de Sion, a été inventé dans les années 50 par un individu antisémite au casier judiciaire rempli… Ce choix nous semble pour le moins peu objectif et surtout, Dan Brown ne vérifie pas sa source par des recherches plus sérieuses. Interrogation…

De plus, Dan Brown ne prend pas la peine de se réfèrer à aucun livre du Nouveau testament ni à aucun ouvrage des premiers siècles sur ce que les chrétiens croyaient de Jésus. Ses sources sont toujours des ouvrages ésotériques peu scientifiques et souvent datant de plusieurs siècle après les événements du Christ. Ce procédé est plutôt étonnant car les premiers écrits chrétiens ont plus de probabilité d’être proche de la vérité puisqu’ils ont été écrits proche des événements réellement passés.

Il nous semble que la démarche méthodologique de Dan Brown est pour le moins curieuse dans la mesure ou l’auteur n’hésite pas à balayer les sources historiques pour s’attacher à des sources parfois écrites au XXème siècle.

Passons à présent aux erreurs de contenu. Plus précisément les erreurs vis-à-vis de la foi chrétienne.

Est-ce que le Fils de Dieu a été inventé ?

Dans le Da Vinci Code, Dan Brown affirme que les premiers chrétiens voyaient Jésus comme un « maître mortel » et que ce n’est qu’au concile de Nicée en 325, sous la pression de l’empereur Constantin que la croyance en la divinité de Jésus est devenue l’enseignement chrétien officiel.

Etonnante affirmation lorsque l’on sait qu’aussi bien les évangiles que les lettres de saint Paul et de centaines de livres liturgiques et d’écrits divers écrits bien avant Nicée prouvent abondamment que la foi chrétienne était fondée sur la foi en la divinité de Jésus-Christ. Ils l’adoraient comme Dieu.

Il est vrai que le concile de Nicée mettra en forme la vérité sur Jésus que nous enseignent les évangiles et combattra l’hérésie arienne, qui ne voyait en Jésus qu’une créature extraordinaire ne partageant pas la nature divine. Cependant, il n’y aura rien de nouveau par rapport à la foi des premiers chrétiens. Cette dernière sera simplement formalisée.

Est-ce que la Bible est fiable ?

Dan Brown affirme qu’à l’époque de Nicée, il y avait des « milliers » de textes sur l’humanité de Jésus dont au moins 80 évangiles donnant la « véritable » version de la vie de Jésus. Selon lui, la volonté de puissance de l’Eglise l’a amenée à écarter certains textes gênants de la Bible.

Affirmation étonnante une nouvelle fois. En effet, Dan Brown utilise la force du nombre en lançant des chiffres sans les vérifier. Une chose est certaine, il n’y a jamais eu des milliers de textes. Il est vrai que plusieurs écrits n’ont pas été retenus car ils n’avaient justement aucun encrage historique et étaient assez folkloriques. C’est un peu comme, si nous affirmions que le Da Vinci Code est le 5ème évangile…

De plus, dès le milieu du 2ème siècle, les écrivains chrétiens se réfèrent aux évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean et aux lettres de Paul comme étant les documents les plus fiables sur la vie de Jésus et la foi des apôtres. Et contrairement aux affirmations de Dan Brown ce n’est pas sous Constantin que la liste des textes de l’Ecriture a été fixée mais des décennies plus tard après de nombreux débats. C’est un fait attesté !

Est-ce que Jésus était marié ?

Le Da Vinci Code affirme encore que Jésus était forcément marié puisque c’était la norme pour les hommes juifs de son temps et qu’il n’aurait eu aucune crédibilité comme prédicateur religieux s’il n’avait pas été marié.

Etonnante affirmation… En effet, les évangiles ne le décrivent pas comme marié. Ils parlent de ses parents, d’autres membres de leur famille et même de femmes l’ayant accompagné lui et les apôtres. Ils décrivent sa relation avec la société de son époque ; jamais aucune allusion à un quelconque mariage.

D’autre part, le célibat n’était pas problématique à l’époque de Jésus. En effet, certains prophètes comme Jérémie étaient célibataires et il existait même à cette époque une communauté entière de juifs vivant le célibat, les esséniens, vivant près de la mer morte. Bien que ces derniers soient considérés comme une secte en rupture avec le monde, il est évident que le célibat n’était pas un problème. Dans le cas, contraire, ceux qui étaient contre Jésus n’auraient pas manqué de souligner ce fait si dérangeant.. Notons encore que Paul comme Jean le Baptiste étaient eux aussi célibataires. Probablement que le célibat n’était pas courant mais il n’était pas inconnu, surtout pour un homme se consacrant aux œuvres de Dieu.

Qui était Marie-Madeleine ?

Brown affirme que Marie-Madeleine était de sang royal et qu’elle était la femme de Jésus. Après la crucifixion, enceinte de l’enfant de Jésus elle aurait fui en France et aurait donné naissance à la dynastie mérovingienne. Jésus aurait voulu qu’elle lui succède à la tête de son église contre la volonté de Pierre qui ayant pris le pouvoir déclencha contre elle et sa descendance 2000 ans de persécution pour cacher la vérité.

Extraordinaire ! Après Jésus en Amérique par les Mormons, voici Marie-Madelaine reine de France. Il faut être Américain pour inventer ces choses-là… Plus sérieusement, la concurrence Pierre contre Marie-Madelaine ne tient pas. En effet, Marie-Madeleine est honorée dans l’Eglise catholique et l’Orthodoxie comme une sainte ; elle est honorée pour sa fidélité à Jésus et sa présence comme témoin du tombeau vide. Aucun élément n’existe d’une quelconque concurrence avec Pierre … sinon pourquoi aurait-on continué à faire état de ce rôle dans les évangiles ?

Des messages dans les peintures de Léonard de Vinci ?

L’artiste aurait caché dans ses toiles la « vérité » sur Jésus et Marie-Madeleine.

Etonnant ! En effet, Dan Brown commet tant d’erreurs sur le contenu de ces peintures qu’il est difficile de croire qu’il connaît bien De Vinci. Ainsi dans La dernière Cène, Brown affirme que saint Jean est trop « féminin » pour être un homme alors que saint Jean est souvent représenté comme un homme très jeune et attirant. Brown affirme que l’absence de calice implique que c’est Marie-Madeleine qui est ce calice ; or le tableau est une illustration du l’évangile de Jean (13 ; 21-25) qui ne décrit pas l’institution de l’eucharistie au cours du repas sacré de la Pâque mais la trahison de Judas ; il n’y a donc aucune raison que soit présent un calice. C.q.f.d.

On le voit, le Da Vinci Code ne peut-être qualifié sérieusement de livre historique. Rien ne repose sur des faits réels. Tout est amalgame ou hypothèse tirés de l’imaginaire fantastique de Dan Brown. Celui qui cherche un peu la véracité des faits, chrétien ou non, ne peut honnêtement s’attacher à se roman. Le Da Vinci Code reste un roman et est par définition une fiction. Faisons travailler notre esprit critique et réfléchissons pour ne pas lire idiot.

Pascal Bregnard

Source d’inspiration : http://www.nouvelle-evangelisation.fr

Pour allez plus loin : Da Vinci, la grande mystification Editions du Forum (150 p.), préface de Mgr Jean-Michel Di Falco.

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