mere teresa

Contrairement aux idées reçues, la foi n’évacue pas les questions. De grands saints ont connu des questionnements douloureux. L’exemple de Mère Teresa qui a été canonisée il y a un mois, par Sophie de Villeneuve, sur Croire.com.

 

«S’il y a un Dieu, s’il vous plaît pardonnez-moi, quand j’essaie de me tourner vers le Paradis, il y a un tel vide coupable…» «J’appelle, je m’agrippe, j’en veux, et il n’y a personne pour répondre, personne à qui m’accrocher, non, personne, seule.» «Où est ma foi ? Tout au fond de moi, il n’y a rien d’autre que le vide et l’obscurité. Mon Dieu, que cette souffrance inconnue est douloureuse.» «Pourquoi je travaille ? Où est l’âme dans mon propre être?»

 

Les interrogations douloureuses de mère Teresa, révélées en 2007 (Viens, sois ma lumière, de Mère Teresa, textes édités et commentés par Brian Kolodiejchuk, éd. Lethielleux) n’auront pas empêché sa canonisation le 4 septembre 2016. Au contraire.

Et même si ces révélations sur le doute profond qui l’a taraudée durant cinquante ans ont stupéfié ceux qui la côtoyaient, comment ne pas y voir la certitude que la foi non seulement n’exclut pas le questionnement mais s’en nourrit ? À la suite de Jean de la Croix et de la petite Thérèse de Lisieux, mère Teresa a connu le puits sans fin des tourments spirituels : Dieu existe-t-il ? M’a-t-il réellement appelée ou suis-je dans l’illusion de son appel ? Est-il vraiment ce que je dis qu’il est ? Y a-t-il un paradis ? Mon amour n’est-il que de façade ? Certains psychiatres ont évoqué le côté «obsessionnel» de cette quête de l’amour de Dieu. Peut-être…

Son regard, souvent assombri par quelques pensées secrètes, et son sourire, qu’elle disait n’être que de «façade», trahissaient parfois cette tension intime. N’empêche… Plus que son œuvre de missionnaire, ce sont sans doute ses grandes incertitudes sur sa vocation, sur Dieu, sur son existence, sur sa foi, qui font d’elle une grande figure de sainteté.

 

Sophie de Villeneuve

 

 

Source : Croire.com

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