« Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits » (Mt 25, 45)
Mi 6, 6-8 : Qu’attend de nous le Seigneur ?
Ps 31(30), 1-5 : Dieu, refuge et fidèle rédempteur
1 P 4, 17 : Le jugement commence par la maison de Dieu
Mt 25, 31-46 (41-46) : A moi non plus, vous ne l’avez pas fait
Commentaire
Ceux qui souffrent en silence – qui ont perdu la voix ou en ont été privés – trouvent refuge et espérance en Dieu qui est fidèle à les secourir. C’est donc à juste titre qu’ils cherchent de l’aide, non seulement auprès de Dieu mais auprès de ses serviteurs, et en particulier auprès des chrétiens et des églises. Ces derniers sont appelés à s’exprimer au nom de ceux qui ne peuvent prendre la parole ou ne le feraient pas et à aider ceux qui sont sans force à parler eux-mêmes : le Seigneur exige de nous que nous œuvrions avant tout en faveur de la justice.
Malgré cela, les espoirs de ceux qui souffrent n’ont pour toute réponse que notre silence. Les chrétiens et les églises ne prennent pas toujours position ou n’œuvrent pas toujours comme ils le devraient pour aider ceux qui sont sans voix à prendre la parole. Nous sommes appelés à servir les autres, jusqu’au plus petit d’entre eux et pourtant, souvent nous manquons à notre devoir. Même en sachant que Jésus est présent dans les plus petits d’entre nous, nous ne sommes pas toujours disposés à les aider comme nous le devrions.
Nous savons qu’il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu. Nos actions sont comparées avec ce que nous sommes appelés à accomplir, tout écart est donc immédiatement visible : tant que nous gardons le silence et que nous ne donnons pas à ceux qui sont sans force la possibilité de s’exprimer, Dieu nous juge. Toutefois, le jugement divin n’a pas pour but de condamner mais de nous conduire à une vie nouvelle. La confession nous libère : en reconnaissant que notre silence nous rend complices des souffrances des autres, nous pouvons alors parler en leur nom et leur donner les moyens de prendre eux-mêmes la parole.
En tant que chrétiens et églises – où que nous nous trouvions –, nous avons le devoir de nous demander si nous ne gardons pas trop souvent le silence quand il s’agit de répondre à certaines questions :
Faisons-nous de notre mieux pour parler au nom des autres et pour leur donner les moyens de prendre la parole ?
Dans la négative, est-ce parce que nous ne sommes pas capables d’entendre les cris de ceux qui souffrent ? Ou bien restons-nous paralysés à la vue de tant de malheurs, par exemple des enterrements incessants dans les townships, des bidonvilles et les zones rurales ?
Les églises sont-elles parfois si occupées à résoudre leurs questions internes qu’elles n’entendent pas les cris de ceux qui sont au dehors ?
Les divisions entre les églises empêchent-elles de prêter attention aux cris de ceux qui souffrent ?
Ce sont là des questions dérangeantes mais en nous les posant tous ensemble, nous réussirons à briser le silence et témoignerons ainsi de notre unité au service de ceux qui souffrent.
Prière
Dieu, notre refuge et notre rédempteur,
Entends la parole de ceux qui sont sans voix ;
Ouvre leurs bouches afin qu’ils puissent parler et accorde-leur enfin la justice et la guérison, la joie et la paix.
Ouvre nos oreilles pour que nous entendions les cris de ceux qui souffrent ;
Ouvre nos lèvres pour que nous puissions parler en leur nom ; et
_Ouvre nos cœurs afin que nous nous engagions pour que d’autres aient la possibilité de s’exprimer. Amen.
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