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Lundi soir 31 décembre 2007 : Message de Frère Alois à Genève

lundi 1er janvier 2007

Frère Alois, prieur de Taizé, s’est adressé lundi 31 décembre aux 40 000 jeunes réunis à Palexpo pour la première prière du soir. Voici son texte…

Voici le texte de frère Alois

Demain la rencontre européenne se termine déjà. Notre reconnaissance est grande pour l’accueil que nous avons reçu. Merci de tout cœur aux familles et aux paroisses qui ont ouvert leurs portes. Merci aux responsables des Eglises qui ont soutenu toute la préparation. Merci aussi aux autorités civiles qui ont apporté leur collaboration.

Que retenir de l’expérience de ces jours ? Chacune, chacun essayera de répondre personnellement à cette question. Mais pour tous, n’y a-t-il pas deux choses à emporter avec nous : la bonté et la simplicité ?

L’hospitalité vécue dans une grande simplicité a éveillé la bonté. Oui, il faut peu de chose pour révéler la bonté présente dans le cœur de tant de femmes et d’hommes de tous horizons.

L’hospitalité a touché les cœurs, les cœurs de ceux qui accueillaient comme de ceux qui ont été accueillis. C’est une expérience de ce qu’est l’Eglise : lieu de communion et du même coup ferment de paix. L’expérience d’une communion au-delà des frontières, comme ces jours-ci, ouvre à une espérance. Elle nous conduit même à une compréhension plus profonde de Dieu.

Pour frère Roger, la bonté et la simplicité étaient intimement liées, il veillait à ce que ces deux valeurs d’Evangile soient centrales dans la vie de notre communauté. La bonté, alliée à la simplicité du cœur, rend attentifs aux démunis, à la peine des enfants, à la souffrance des innocents à travers le monde.

La bonté ne trouve pas sa source en nous. Notre bonté contient toujours un manque, mais par ce fait même elle renvoie à un absolu, à une bonté plus grande. Elle est un reflet de la bonté de Dieu

Oui, Dieu n’est qu’amour et bonté. A nous de ne pas obscurcir le message de l’Evangile. L’image d’un Dieu comme juge sévère a surement fait beaucoup de mal. Osons dire que Dieu ne peut qu’aimer. Là est le message exigeant mais tellement libérateur du Christ. Et disons cela par notre vie !

Aujourd’hui, pour rendre accessible la foi chrétienne au plus grand nombre, il est vital de transmettre ce qui est au centre de l’Evangile : la grandeur de Dieu, sa toute puissance se révèle comme amour, comme capacité infinie de se rendre tout proche de l’humanité.

La bonté ouvre une porte à la confiance en Dieu. La bonté étonne, elle provoque parfois un émerveillement. Un nouvel horizon se présente, un au-delà aux duretés de la vie, aux injustices, aux duretés aussi d’une société de bien-être qui cache tant de misères matérielles et spirituelles.

Puisse cette rencontre renouveler en nous le goût de prendre le risque de la bonté et de la simplicité. Que tous nous soyons porteurs de réconciliation, là où nous vivons ! Allons vers les autres, dépassons les cloisonnements de nos sociétés et de nos Eglises !

Allons vers ceux qui souffrent ! Vous savez qu’il y a des Irakiens parmi nous. Ils vont maintenant chanter une prière. En les écoutant nous pouvons déjà être proches de ceux qui souffrent de la violence dans leur pays.

Ils vont chanter le Notre Père en araméen, leur langue liturgique, qui est aussi la langue de Jésus.

Je voudrais terminer avec cette prière de frère Roger : Dieu qui nous aimes, la contemplation de ton pardon devient rayonnement de bonté dans l’humble cœur qui se confie à toi.

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