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Marie-Madeleine épouse du Christ ?

lundi 15 mai 2006

Retrouvez les "vérités" de Dan Brown… Ou comment peut-on fausser la vérité. 2 minutes pour comprendre. Aujourd’hui : Marie-Madeleine, épouse du Christ ?

Une des affirmations centrales de Dan Brown dans le Da Vinci Code est l’union de Marie-Madeleine avec Jésus : Sophie lut à voix haute : Et le sauveur avait pour compagne Marie-Madeleine. Elle était la préférée du Christ, qui l’embrassait souvent sur la bouche »… Comme vous le confirmeront tous les spécialistes, en araméen, le mot compagne signifiait épouse (p. 308).

L’évangile de Philippe

Pour soutenir la thèse du mariage de Marie-Madeleine avec Jésus, Dan Brown cite l’évangile de Philippe, un texte apocryphe découvert en 1945 à Nag Hammadi en Haute-Egypte. Or, contrairement à ce que suggère l’écrivain, ce texte n’est pas rédigé en araméen, mais en… copte. A lui seul, ce simple fait affaiblit la démonstration de Brown.

Cependant, le raisonnement de l’auteur souffre d’un autre défaut majeur : les textes découverts à Nag Hammadi datent du IVème siècle et proviennent d’une communauté gnostique (c’est-à-dire envisageant le salut, réservé aux seuls initiés, par la connaissance personnelle de Dieu) pour qui embrasser sur la bouche était le geste par lequel se transmettait le souffle de la connaissance. Prétendre qu’il s’agirait d’un baiser d’amoureux est donc ici une pure extrapolation sans fondement.

L’évangile de saint Jean

L’auteur du Da Vinci Code s’appuie sur un autre texte suggérant, selon lui, que Marie de Magdala aurait été la compagne, au sens marital, du Christ. C’est dans l’Evangile de Jean (XX, 11-18), lorsque Marie de Magdala découvre le tombeau vide de Jésus et est le premier témoin de la résurrection du Christ.

Dans cet épisode, elle est présentée comme « l’apôtre des apôtres », celle qui est chargée d’annoncer la bonne nouvelle aux douze disciples qui se sont enfuis après l’arrestation de Jésus.

Cette manière de la mettre en avant peut-elle être considérée comme une preuve ? Mordillat et Prieur estiment, eux, que cette insistance sur la présence des femmes a pour fonction de souligner d’un trait appuyé l’absence des compagnons de Jésus.

Comme on le voit, les preuves d’une union entre marie et Jésus sont donc bien fragile voir inexistante !

Prochain article : Constantin le rédacteur des évangiles ?

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