maurice zundel

C’est la lecture des Misérables qui déterminera le rapport à l’argent du tout jeune Maurice Zundel. Il a alors une quinzaine d’année et sait déjà qu’il sera prêtre.
La découverte du geste inouï de l’évêque Myriel  envers le bagnard Jean Valjean le bouleverse et donne à sa vocation un sens nouveau. « Tout est à vous ici, vous êtes chez vous car c’est la maison de Jésus-Christ » dit le prélat au voleur.

Maurice Zundel dira plus tard qu’il s’est identifié immédiatement à Myriel  : « Ces mots me sont restés gravés dans l’esprit comme une exigence de dépouillement dans la vie du prêtre qui ne peut rien garder pour lui sous peine de se couper de l’Evangile »  C’est dit : il n’aurait rien à lui et  sa maison sera celle de Jésus Christ. 

 

Cette résolution de pauvreté prise si jeune, il la tiendra jusqu’à sa mort. Elle l’isolera terriblement au sein de l’Eglise et le fera passer toute sa vie comme un original, difficile à vivre et peu apte à la vie en communauté. Il faut dire qu’il  vivra la pauvreté de façon si radicale et si étrange que l’on comprend qu’elle ait pu choquer les bonnes âmes. Ce prêtre que tous reconnaissent comme un être unique, à la personnalité rayonnante, confesseur hors pair, se conduisait bizarrement. Tout le singularise. Il mange à peine, ne nourrissant exclusivement de pommes de terre au déjeuner et le soir de quelques  biscuits trempé dans du café. Sa soutane est si usée que des amis se cotisent pour la remplacer. Mais il donnera l’argent ainsi récolté à un clochard qui passait par là.

 

Car Zundel ne peut supporter d’avoir un sou en poche. Il distribue chaque pièce à  une multitude de mendiants qui frappent à sa porte à toute heure du jour et de la nuit et qui parfois le menacent quand il n’a plus rien. En fait, l’ argent n’était pour lui qu’un moyen de se donner encore et toujours. Tous ceux qui l’ont connu ont témoigné de cette disposition de son être à se donner entièrement à  l’autre, à son ministère,  à son travail, à Dieu. Maurice Zundel ne gardait rien pour lui. C’était sa façon d’être libre.

 

 

Sophie de Villeneuve

 

Source : Croire.com