Chemin fraternel
Créer un chemin de fraternité, tel est l’objectif du voyage, largement atteint malgré l’obstacle de la langue. Chants, danses, gestes suffisent pour briser la glace et permettre un réel échange avec nos amis argentins, avec les détenues et détenus rencontrés dans les prisons de Santa Fe, avec les enfants de la rue.
Rendre concrète et vivante une fraternité en humanité et en Christ à priori bien abstraite et lointaine : l’expérience n’est pas si facile. Quoi, oser partir les mains vides et ne rien amener que soi ? croire qu’une visite, une présence, une rencontre peuvent déjà être en soi sources de joie et d’une dignité retrouvée pour certains de nos amis ? croire enfin qu’au-delà des barrières et des barreaux, il est possible de
rencontrer d’autres êtres humains, tout simplement, de s’échanger nos prénoms, de vivre simplement ensemble le temps offert pour le partage. Rien de plus… mais rien de moins. Terrible exigence, celle d’oser la rencontre, de casser les préjugés, de vaincre ses peurs, sans pouvoir se réfugier derrière ce que l’on amène ou fait pour l’autre.
Les amis de nos amis sont nos amis
Lorsque la peur disparaît, place alors à la rencontre ! Danseurs de tango, bénévoles de la pastorale pénitentiaire, responsables d’associations au service de l’enfance en situation de risque, paysans du Nord, contemplatives du monastère de Lavalle, les rencontres sont nombreuses et belles. Cela notamment grâce au Père Gabriel Carron, à qui nous rendons visite, ainsi qu’aux quatre accompagnants argentins et suisses sollicités pour l’occasion. Devenus entretemps des amis, nos deux chefs de file argentins passeront bientôt par la Suisse, invités par Max et Zoé en remerciement pour leur travail dans l’ombre inlassable.

Une page se tourne, après 2 ans de préparatifs. Merci à tous ceux qui ont permis au rêve de Max et Zoé de devenir réalité ! L’aventure prendra d’autres formes ; elle restera toujours et encore chemin vers soi, vers l’autre, vers le Tout-Autre.
Joelle Carron
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