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Mon père nous bat, ma mère et moi, depuis longtemps. Mais si nous le dénonçons, y a-t-il un risque de nous voir refuser la nationalité suisse ?

mercredi 26 janvier 2011

La violence envers les enfants et les adolescents est très souvent dissimulée sous le manteau de traditions que l’on ne remet pas en question ou de moyens éducatifs apparemment mesurés et légitimes. L’un des plus grands problèmes qui se pose dans le domaine de la lutte contre ce type de violence réside dans l’absence de visibilité de cette violence. D’une part, les enfants ont peur de parler des violences qu’ils vivent ; d’autre part, les auteur·e·s de ces violences sont souvent les personnes qui devraient leur assurer sécurité et tranquillité, raison pour laquelle ils pensent, souvent à juste titre, qu’on ne les croira pas.

Deux choses sont à considérer effectivement dans votre situation.

La procédure de naturalisation, que votre famille accomplit, peut être quelque peu enrayée si une procédure pénale à l’égard de votre père est entamée. En effet, aussi bien les autorités communales que cantonales, qui sont chargées de suivre ce dossier de naturalisation, pourraient s’arrêter sur cette éventuelle procédure pénale.

Concernant les mauvais traitements que vous inflige votre père, à vous et à votre mère, il existe une solution qui peut vous permettre de trouver de l’aide sans avoir à entamer une procédure pénale. Vous pouvez, vous et votre mère, vous adresser à un Centre de consultation LAVI (Loi sur l’aide aux victimes d’infraction), dans votre canton de domicile ou dans un autre canton.

Dans de tels Centres, vous trouverez un soutien psychologique, juridique, médical, etc., qui vous permettra de trouver des solutions à la situation que vous vivez. Ces Centres doivent vous garantir la confidentialité de vos démarches et vous aident sans qu’il soit nécessaire, dans un premier temps, d’introduire des procédures pénales.

Ainsi, au niveau de l’aide juridique, il vous sera possible d’être totalement renseignée sur les deux questions que vous posez.

Stéphane Quéru, chef de l’Office cantonal des mineurs, à Fribourg.

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