Messe - Notre Dame de CrÈteil

L’abbé François Dupraz, curé modérateur de l’UP Notre-Dame, livre ses impressions sur la pratique des fidèles de la basilique Notre-Dame de Lausanne face aux mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus et raconte l’une des célébrations vécue avec ces derniers.

 

 « De prime abord, je puis dire que la dangerosité du virus s’est imposée peu à peu à l’esprit des fidèles. On a commencé par en parler, puis on a évité de se donner la paix, la communion a été reçue dans la main, le célébrant s’est mis à communier seul à la coupe, une distance a été demandée entre chacun, les confessions ont eu lieu sur rendez-vous.

 

Un jour est tombée une bien triste nouvelle : nous n’aurons plus le droit de célébrer la messe à la Basilique ! Vu la situation, tous ou presque ont fait preuve de compréhension, de résignation, d’acceptation.

 

Le dernier jour où les messes étaient possibles était un vendredi. C’est le jour où beaucoup viennent célébrer chez nous l’heure de la Divine Miséricorde (15h). « En cette heure-là – dit Jésus à sainte Faustine – je ne saurai rien refuser à l’âme qui Me prie par Ma Passion. » (P.J. 1320)*. Une onction des malades communautaire ayant été prévue au coeur même de la célébration, de très nombreuses personnes en souffrance sont venues prier le Christ « par Sa douloureuse Passion ». Elles ont participé ensuite à l’eucharistie et au Chemin de Croix qui suivaient. J’ai vécu avec tous dans une grande émotion ces trois célébrations. C’étaient les dernières et je le savais…

 

Un peu plus tard, demande a été transmise de fermer la Basilique. Je l’ai fait « la mort dans l’âme » conscient des douleurs infligées aux « petites âmes  » épouses et amies de Jésus Eucharistie. Deux images parmi tant d’autres me reviennent à l’esprit : une jeune femme à genoux, priant silencieusement devant la porte du sanctuaire et une autre pleurant de toutes ses larmes suite à l’impossibilité de rencontrer « son » Jésus. Toutes deux témoignaient leur foi et leur amour envers Jésus Eucharistie. Elles m’ont rappelé Marie-Madeleine au pied du tombeau vide et une parole de Jésus : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (MT 11.25). La fermeture du sanctuaire a duré deux jours. Le troisième, la Basilique était à nouveau ouverte. Les « petites âmes » venaient de vivre dans l’indifférence du grand nombre leur Triduum pascal. Leurs prières étaient exaucées, une victoire remportée. Jésus Eucharistie n’ayant cessé de les aimer.

 

Depuis lors, beaucoup viennent à nouveau chercher réconfort, consolation, espérance auprès de leur unique Amour. Ils le font dans le respect des normes édictées. J’offre quant à moi ma disponibilité de prêtre pour le sacrement du pardon et je les bénis tous… La suite, je l’ai remise à la grâce de Dieu.

 

Abbé François Dupraz

 

*Petit Journal de sainte Faustine

 

Source : Cath-vd.ch