Questionné sur le fait que de plus en plus de catholiques mécontents se détournent de l’Eglise, Mgr Genoud déclare : "Il faut être vrai, il faut être une religion vivante, une religion proche des hommes et de leurs préoccupations, une foi qui soit lumineuse et attirante". Concernant la fracture qui existerait toujours plus entre les fidèles et le Vatican, voire le pape, l’évêque romand refuse le terme de fracture, pour parler de "prise de distance qu’il faut absolument retenir avant qu’elle ne devienne une fracture".
"Auftreten statt austreten" : Se manifester plutôt que quitter l’Eglise
Mgr Genoud a dit qu’il a bien aimé le slogan des catholiques qui ont protesté dimanche à Lucerne, à savoir réagir, se manifester plutôt que de quitter l’Eglise. Abordant la question de la manifestation des catholiques critiques, suscitée notamment par la levée de l’excommunication des quatre évêques intégristes disciples de Mgr Lefebvre, Mgr Genoud a dit que l’on pouvait en discuter la légitimité, notamment de celle de Mgr Williamson, un évêque qui s’est fait remarquer par ses propos négationnistes.
"J’ai l’impression que cette levée d’excommunication a clairement délimité le terrain. A peine était-elle proclamée qu’on entendait déjà des représentants d’Ecône et des lefebvristes dire : nous ne bougerons pas d’un iota ! Il faut arrêter…"
Il faut garder Vatican II vivace
Pour Mgr Genoud, "Vatican II n’est pas monnayable comme disaient les manifestants et il y a certaines valeurs comme l’œcuménisme, la liberté religieuse, le droit à l’autodétermination de sa foi qui ne sont pas monnayables". L’esprit du Concile Vatican II serait-il en train de s’effriter, comme le proclamaient les manifestants de dimanche dernier à Lucerne ? A la question, Mgr Genoud répond : "C’est à nous de le garder vivace".
Pour l’évêque romand, Vatican II a de loin pas encore été appliqué dans toutes ses dimensions, "car Vatican II est un Concile qui rappelle que l’Eglise, qui n’est pas du monde, est dans le monde et il s’agit de se mettre au service de ce monde". Mgr Genoud estime intolérable que 5% de la population de la terre possède toutes les richesses du monde et que d’autres doivent mourir de faim. "C’est inadmissible qu’il y ait chaque jour des millions d’enfants qui meurent quand la planète a de quoi nourrir ses enfants !"
Emu par le meurtre de Lucie
A cette occasion, il a aussi évoqué avec émotion le drame de la jeune Fribourgeoise Lucie Trezzini, assassinée par un délinquant sexuel à Rieden près de Baden. Il avait baptisé cette fille de 16 ans et marié ses parents. Il présidera ses obsèques.
Mgr Bernard Genoud, interrogé sur la crise financière qui secoue actuellement le monde, souligne d’emblée qu’il n’est pas un spécialiste de l’économie. "Mais j’ai l’impression comme tout le monde que l’on essaie de nous rassurer un petit peu, c’est gentil, mais il ne faudrait quand même pas nous prendre pour des benêts", affirme-t-il, en relevant que le situation ne pourra pas se régler dans les cent jours comme certains spécialistes le prétendent. "Ce qu’il nous faut maintenant, c’est un avenir", alors que le présent est complètement chaotique.
Source : Catholink
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