Joelle

Même si elle a quitté ses fonctions à PASAJ depuis la fin août afin de se rapprocher de son Valais natal et de sa famille, Joëlle Carron – la précédante responsable du département – reste toujours une femme bien active. C’est d’ailleurs entre une animation avec son chœur de Poliez-Pittet au CHUV et un repas de famille dominical qu’elle a accepté de nous livrer ses impressions après son départ et de nous décrire son nouveau quotidien « post-PASAJ ».

 

 

Un sentiment suite à ton départ ?

Je dirais que je me sens en paix. Avec une belle confiance en ce qui se vit à PASAJ, avec les jeunes et en équipe. J’éprouve aussi de la reconnaissance pour ces dix années de ministère dans cette Église bigarrée du canton de Vaud.

 

 

Une anecdote drôle qui te revient ?

J’aurais 1’500 anecdotes à raconter! (Elle réfléchit.) Un instant dans une voiture remplie de matériel d’animation, avec juste les têtes des jeunes à l’arrière qui dépassent ! C’était à la Montée vers Pâques à Renens en 2008, on venait de charger ma voiture à la Boussole. Ou encore une marche nocturne qui clôturait une autre Montée vers Pâques. On avait déjà fait trois jours de marche… Et vraiment, tu t’endors en marchant. Tu n’es plus du tout en état d’écouter. C’est un sentiment très étrange.

 

 

Un aspect de ton travail que tu aimais particulièrement ?

Les voyages à Taizé, qui m’ont beaucoup marqué, et les JMJ à Sydney, une expérience forte de l’Église dans son universalité. Également, les fins de camps où on s’écroule tous ensemble sur le canapé claqués, mais heureux ! C’était toujours difficile de se séparer et de rentrer chacun chez soi après.

 

 

Une rencontre qui t’a marquée ?

Des jeunes qui traversaient des phases de vie plus difficiles. Ils m’ont montré qu’un de mes charismes était d’arriver à les rejoindre dans ce qu’ils traversaient et de contribuer à réanimer leur goût de vivre. Il y a aussi eu mes collègues protestants, Jean-Marc et Sylvie, avec lesquels j’ai prié pendant les trois premiers mois de mon ministère autour de l’évangile de Marc. C’était une belle ouverture œcuménique.

 

 

Un mot pour ton successeur Roberto ?

C’est la bonne personne à la bonne place. Roberto est quelqu’un de confiance, de très dynamique aussi, avec une grande expérience. Merci à toi, Roberto, pour ta fraternité d’évangile et pour ton amour des jeunes. Je me réjouis que tes compétences continuent à être mises au service de PASAJ dans tes nouvelles fonctions.

 

 

Une chose que PASAJ t’a apporté ?

Une communauté d’évangile, une belle diversité dans les manières de vivre sa foi tout en étant dans une démarche de recherche de cette unité qui est toujours à reconstruire. Pour moi, ça va plus loin qu’une simple cohabitation dans l’indifférence. Il s’agit de partir du principe que l’autre va t’enrichir. J’ai aussi appris que le Seigneur rejoint chacun par un chemin qui lui est propre, unique.

 

 

Une explication sur tes nouvelles fonctions ?

Je suis à présent responsable de l’Accueil Hôtel-Dieu à Sion. Il a été fondé par une sœur hospitalière il y a 17 ans. Aujourd’hui, une trentaine de bénévoles y travaillent. C’est un lieu qui accueille chaque jour entre 20 et 35 personnes pour le repas de midi, qui ne coûte que 5 francs. Chacun vient avec ce qu’il est. Nos hôtes ont souvent eu un parcours de vie assez dur. Certains ont des difficultés financières, d’autres vivent dans la solitude et l’isolement, d’autres encore souffrent de toxicomanie ou d’autres addictions. Ça peut concerner tout le monde. Nos habitués ont entre 25 et 80 ans !

 

Mon rôle est de m’occuper de l’accueil, de l’écoute et de l’accompagnement. Je fais en sorte que l’Hôtel-Dieu soit un lieu de vie, où on se sent accueilli. Pour qu’en venant manger là, on puisse trouver plus qu’un repas : redécouvrir que chacun est unique et aimé. Nos hôtes ne sont pas là pour s’apitoyer, mais pour recommencer à vivre. Notre but est d’essayer de reconstruire quelque chose, toujours dans le respect des autres. L’Hôtel-Dieu est en quelque sorte une famille. Une famille élargie. Rien que le fait de connaître le prénom de chacun, c’est comme dire : « Tu existes à mes yeux ».

 

Actuellement, je travaille à l’Accueil Hôtel-Dieu à 40 % et je suis aussi engagée à 40% dans la Pastorale Jeunesse de Sion et des alentours, pour les 13-16 ans et les 16-25 ans. Là, mes fonctions ressemblent beaucoup à ce que je faisais avant à PASAJ, mais c’est toujours un immense bonheur. Ça me permet de continuer à travailler sur le terrain.

 

 

Une impression par rapport à ton nouveau statut de laïque consacrée ?

Je suis effectivement devenue laïque consacrée le 23 août. Et comme par hasard, je devais commencer mon nouveau travail à l’Accueil Hôtel-Dieu le 24 ! Mais cette première date était prévue depuis longtemps. C’était une décision mûrement réfléchie, cela faisait déjà huit ou neuf ans que j’y pensais et je sentais que c’était le moment. Et honnêtement… ça change tout ! Le fait d’être consacré implique des vœux de simplicité de vie, de célibat et d’obéissance. Mais c’est surtout un engagement à être proche de tous, le choix d’un amour universel. Cela donne une autre couleur au compagnonnage que je peux vivre à l’Hôtel-Dieu avec nos hôtes.

 

 

Un qualificatif pour définir ton nouveau quotidien ?

Serein et lumineux. Beaucoup de joie.

 

 

Un dernier message à faire passer ?

Là aussi, j’en aurais plein… (Elle reste pensive un long moment.) Notre vie a plus de saveur quand elle prend les couleurs de l’Évangile. Même si ce n’est pas toujours facile de mettre l’Évangile au centre de notre vie, ce défi vaut vraiment la peine d’être relevé!

 

 

Propos recueillis par Leslie du Team Rédaction