Il y a des fois où on se dit que « le monde est stone », vraiment stone… et dans ces cas-là, pousser un bon coup de gueule fait parfois du bien ! L’édito de ce mois-ci est donc l’occasion rêvée de laisser parler les tripes ; d’avance mes excuses pour ce bref mouvement d’humeur Le déclencheur : le lancement des référendums sur les lois sur l’asile et l’établissement et le séjour des étrangers. Certains d’entre vous ne se sentiront peut-être pas concernés : pas l’âge de voter ; pas le droit de vote car de nationalité étrangère ; pas intéressés par le sujet tout simplement. Non, non, non, pas question de vous en tirer comme ça… Il y a là quelque chose d’essentiel, qui mérite qu’on y consacre un minimum de réflexion.
Coup de gueule donc… et pourquoi ? Non pas à cause du lancement des référendums, vous l’aurez deviné, mais bien en raison des lois qui suscitent ces référendums. Durcissement des mesures pénales, restriction de l’aide sociale… Au-delà du débat sur tel ou tel article, c’est malheureusement toute une vision de l’homme qui est en jeu. Facile de l’oublier en se retranchant derrière les arguments budgétaires ou la peur des abus… facile, mais pas forcément juste !
Et si on remplaçait « méfiance » par « confiance », « peur et confrontation » par « rencontre et enrichissement », « préjugé » par « découverte » ?
Et si l’on choisissait de redécouvrir, à la place des taux et de statistiques, des… personnes tout simplement… comme vous et moi, pas une jambe ou un œil de plus ! Les requérants d’asile ont aussi un prénom, une famille, des choses qu’ils aiment, des choses qu’ils n’aiment pas… Bref, ce sont (si, si, je vous assure) des êtres humains.
Et ce qui est en jeu derrière le regard que nous posons sur eux, c’est bien notre humanité à nous ! Est-ce que ce cadeau si beau d’être enfant de Dieu ne s’appliquerait par hasard qu’à l’intérieur des frontières suisses ? Ou allez, soyons gentils, seulement aux gens qui ont eu la chance de naître dans un pays développé ?
Or, être enfants de Dieu ensemble, c’est aussi être frères et sœurs… ne serait-il pas temps d’aller au-delà des beaux discours et d’assumer cette responsabilité ?
Dieu nous invite à lutter, à n’admettre ni l’injustice ni les inégalités. Courage, les amis, mettons-nous en chemin… la route est longue, mais nous ne sommes pas seuls à nous y engager. Bien d’autres l’ont déjà fait avant nous, bien d’autres continueront après. Beaucoup le font aujourd’hui, dans nos villes, dans nos quartiers. Merci à eux pour ce message d’espérance ; merci de nous prouver jour après jour qu’un monde meilleur est possible !
Joëlle
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