Croix Simon Jésus

Les professions de foi officielles de l’Église, à l’exception du Symbole des Apôtres, mettent toujours un lien entre l’Incarnation de Jésus, sa passion et sa mort, et le salut de l’humanité. Ainsi, le symbole de Nicée-Constantinople proclame : Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel (traduction liturgique).

Ces formules, dans lesquelles s’exprime la foi de l’Église depuis seize siècles, ne se contentent pas d’énumérer les événements de la vie de Jésus. Elles les interprètent comme ayant valeur de salut, c’est-à-dire comme apportant aux humains la délivrance de tout ce qui les empêche de vivre pleinement la communion entre eux et avec Dieu. Cette compréhension du sens de la vie de Jésus, de sa passion et de sa mort s’exprime déjà dans le Nouveau Testament.

 

On peut être surpris de constater que la formule « Jésus a souffert pour nous » est extrêmement rare dans le Nouveau Testament. De fait, on la retrouve une seule fois : Car le Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces (1 Pierre 2,21). Le contexte est celui d’une exhortation à supporter courageusement les épreuves, en particulier celles qui ne sont pas méritées (1 Pierre 2,1-20). La manière dont Jésus a accepté la souffrance peut servir d’exemple à ses disciples. Comme on le voit, l’accent porte davantage sur l’imitation de Jésus que sur ses souffrances.

 

Pour les auteurs du Nouveau Testament, l’important n’est pas d’abord que Jésus ait souffert mais la manière dont il a accepté de donner sa vie.

 

Cette conviction fondamentale s’exprime dès le premier écrit chrétien venu jusqu’à nous : Dieu ne nous a pas réservé sa colère, mais pour entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ qui est mort pour nous afin que… nous vivions unis à lui (1 Thessaloniciens 5,9-10). Paul reviendra souvent sur cette donnée qui est le cœur même de sa proclamation de l’Évangile.

 

En somme, le sens de la souffrance et de la mort de Jésus réside dans le don qu’il fait de sa vie, don absolument libre et fondé sur l’amour : Le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous (Éphésiens 5,2). Ce don ne concerne pas seulement des individus isolés mais le nouveau peuple de Dieu rassemblé dans l’amour : Le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle (Ephésiens 5,25).

 

Jérôme Longtin, prêtre

 

Source : Interbible