Suisse, né à Berne, a été baptisé dans la religion calviniste et a fait ses études à la faculté de théologie protestante de Genève. Il est ensuite entré dans la compagnie des pasteurs de Genève et a exercé des fonctions en paroisse. Il s’est marié en 1980.
Vers le catholicisme
La conversion de Patrick Balland au catholicisme date du début des années 1990. Il se dit attiré par la conception catholique du sacrement de l’eucharistie, célébré par le prêtre à la messe, où le pain et le vin indiquent la "présence réelle" du corps et du sang du Christ. Pour beaucoup de protestants, la "sainte-Cène" n’est qu’un acte de mémoire du dernier repas du Christ, avant sa mort, avec ses apôtres.
Un ancien pasteur
En 1991, Patrick Balland quitte donc l’Eglise protestante et, grâce à Mgr Henri Schwery, alors évêque de Sion (Suisse), qui le soumet au sacrement de confirmation, il entre dans l’Eglise catholique. Mais, à cause de son état d’homme marié, sa candidature au sacerdoce va suivre un chemin très sinueux entre la Suisse et Rome.
En roue vers le sacerdoce
Elle rencontre des résistances. Un excès de tolérance en faveur de convertis mariés qui veulent devenir prêtres indispose autant les catholiques qui réclament le mariage des prêtres et crient à l’existence d’un double clergé que ceux attachés à la stricte tradition du célibat ecclésiastique.
Le dossier de Patrick Balland transite par la Suisse et la France, qui n’accepte que des prêtres célibataires, avant d’échouer en Belgique où l’évêque de Namur accepte de l’ordonner diacre en 2004 et prêtre en 2005 : "Il s’agit moins de l’ordination d’un homme marié que de l’accueil d’un ancien pasteur ", explique aujourd’hui Mgr Léonard.
La dispense de célibat
Pie XII avait été le premier pape à accorder, en 1951, la "dispense" de célibat pour un ex-pasteur luthérien marié. Depuis, des prêtres anglicans, en désaccord avec le sacerdoce féminin de leur Eglise, ont rejoint l’Eglise catholique et conservé leur état de prêtre, tout en étant mariés. On estime aujourd’hui à 200 le nombre d’anciens pasteurs protestants ou prêtres anglicans accueillis et exerçant dans l’Eglise latine.
Rappel historique
La question du célibat des prêtres a une longue tradition historique. Cette discipline s’est définitivement imposée dans l’Eglise latine lors du concile du Latran au XIIe siècle et s’est maintenue.
Cependant, dans les Eglises orientales, y compris celles qui sont rattachées à Rome (copte-catholique, gréco-catholique, maronite, etc), un homme marié peut être ordonné prêtre. Mais le mariage n’est pas possible après l’ordination et seuls les moines, qui ont fait voeu de chasteté, peuvent devenir évêques.
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