Souriant, serrant la main de chacun, Sa Béatitude Béchara Raï n’a pas fait mentir la « culture de la convivialité » libanaise lors de sa visite à la Maison de la Conférence des évêques de France, mercredi 7 septembre 2011.
Un nouvel évêques pour l’Eglise maronite
Evêque de Jbeil (Liban), Mgr Béchara Raï, 71 ans, a succédé au Cardinal Nasrallah Boutros Sfeir à la tête de l’Eglise maronite, le 25 mars 2011. Comme le veut la tradition, le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient a réservé à la France sa première visite à l’étranger. « Liberté, Droits de l’Homme, démocratie, pluralité, ouverture » sont pour lui les valeurs clés de l’amitié franco-libanaise. Dans un contexte de mutations géopolitiques au Moyen Orient, « elles sont un élan et une force pour la coopération » a-t-il affirmé. Les messes du Lundi de Pâques et de l’Assomption ne sont-elles pas dites aux intentions de la France ?
Le patriarche rentrait d’un entretien avec le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. Lundi, il avait déjà rencontré le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et François Fillon, Premier ministre. Les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur l’avaient également reçu.
L’exception libanaise, un espoir pour les chrétiens d’Orient
Après une guerre fratricide (1975-1990), la reconstruction de l’unité du Liban est en cours. La devise du patriarche, « Communion et amour », rappelle cet enjeu. Son élection à l’unanimité à la tête de l’Eglise maronite a été saluée par les musulmans comme une « aurore ». Une réunion commune avec les autres confessions chrétiennes - plus d’une dizaine - a débouché sur une rencontre des chefs religieux en juin 2011. Un sommet semblable à l’échelle du Moyen Orient est en préparation. Là encore, c’est la recherche des valeurs communes qui rassemble.
S.B. Béchara Raï est revenu sur le partage du pouvoir politique entre chrétiens et musulmans au Liban. Celui-ci se base sur l’article 9 de la constitution : « En rendant hommage au Très-Haut, l’Etat respecte toutes les confessions ». Pour autant, il estime devoir ne pas prendre parti sur les événements en Syrie, en Egypte… « Nous soutenons la liberté de conscience et de religion, les Droits de l’Homme, a insisté le patriarche. Nous sommes contre la violence et la guerre. Nous l’avons subi 25 ans. Nous ne prenons pas position pour un système mais pour des principes : la justice, la paix, les droits et la défense des minorités chrétiennes ».
Source : Eglise catholique de France
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