Les origines de la dépendance à une substance toxique s’inscrivent dans l’histoire de vie de la personne. C’est une stratégie inadaptée pour faire face à l’anxiété ou à la frustration. L’usage de la substance toxique est une tentative d’échapper aux tensions internes, une manière de s’anesthésier, de ressentir pour un court instant un soulagement. Sitôt les effets du produit terminés, la personne recherchera, de manière frénétique parfois, à se soulager en consommant à nouveau du produit. Il se trouve que le corps humain va très vite s’habituer aux substances et que, pour obtenir les mêmes effets, la personne devra tôt ou tard augmenter les doses afin d’obtenir les effets désirés. C’est ainsi que s’installe la dépendance.
Le dialogue secret d’une personne dépendante est de dire oui à la substance et non a ce qui la pousse à consommer.
L’objectif, à moyen et long terme, pour une personne qui serait désireuse de sortir de ce cycle infernal, sera dans un premier temps de procéder à un sevrage dans un milieu spécialisé. Elle abordera, dans un deuxième temps, ce qui l’a conduite à consommer. La personne consommatrice de substances toxiques est souvent une personne ayant une faible estime d’elle-même. Elle aura à en explorer les origines avec des professionnels compétents. Comprendre la place de ses angoisses et frustrations dans son parcours de vie et imaginer des modes d’adaptation nouveaux. Par exemple, développer un réseau social et amical de personnes chaleureuses et de confiance ; se découvrir un ou des hobbies ; être curieuse pour réaliser, en fin de parcours, que la vie est un cadeau, que chaque jour offre son lot d’émerveillement, de doutes, de contacts significatifs. La vie dans toute sa diversité. Et c’est justement cela que le consommateur redoute le plus et c’est à cet endroit qu’il aura besoin d’être accompagné. La décision lui appartient, sa vie est entre ses mains ; à lui d’en faire de l’or ou du plomb.
Et nous, nous te disons viens, viens du côté des vivants, il y a aussi du soleil et du ciel bleu pour toi, nous te tendons les mains, libre à toi de les prendre.
Daniel Pône, thérapeute.
Version imprimable