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Que penser des « Yos » ? La parole à deux jeunes et un policier

jeudi 21 septembre 2006

En ce début d’année scolaire, parlons de ceux qui font peur, « Les Yos », quand on les croise en chemin ou à la gare. Deux « Yos » et un agent de police m’ont donné leurs impressions.

Monsieur K. est étudiant en Suisse. Il est un grand ami de personnes souvent considérées comme des « Yos » ; Monsieur Y., jeune apprenti, se présente comme un ancien « Yoh ». Dans la tendance « Yoh », on trouve de tout, des jeunes des pays de l’ex-Yougoslavie, des Africains noirs et des suisses. Pour Monsieur K., « c’est vrai que nous nous habillons en gros pantalons, en grosses chemises. C’est la mode hip-hop. Nous sommes jeunes, nous vivons et nous suivons la mode de notre choix. Notre habillement est un mode d’expression qui favorise le libre mouvement du corps, la danse et permets une meilleure transpiration de la peau. »

La manière de voir de Monsieur Y. est simple. Ancien « Yoh » et proche d’eux, il estime qu’ils expriment une forme de haine contre la société. « Mais en Suisse, les jeunes veulent vivre à la mode française, parler et se looker comme les mecs de Paris », comme ils le disent. Souvent, une mauvaise copie des banlieusards de Paris. Pour Monsieur K., les « Yohs » sont le reflet des animaux. Dans nos quartiers, quand on croise un « Yoh », nous avons peur de croiser son regard et il n’aime pas qu’on le regarde. Il perçoit ça comme de la défiance.

Monsieur K. se considère comme un gorille, car les gorilles n’aiment pas être fixés du regard. Il faut baisser les yeux. C’est ainsi qu’on regarde un « Yoh ». Sinon, ils ont une question très courante : « Que veut-tu ? Tu veux ma photo ?… » Pour beaucoup des jeunes étrangers être considérés comme un « Yoh », c’est dénigrant et provocateur.

Pour l’agent de police, avec beaucoup de diplomatie, les « Yohs » manifestent un mode de vie de certaines jeunes, sans distinguer leurs pays d’origine. Une personne de couleur n’est pas forcement un « Yoh ».

Monsieur K. conclut : « Venez, côtoyez-nous, pour savoir si nous sommes dangereux et nuisibles. Renseignez vous auprès de nos camarades, nos collègues et nos amis de la réalité. »

Le regard peut détruire et il peut aussi donner la vie et le respect.

Léon Lokia, aumônier des jeunes de la Riviera

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