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Mgr André Dupleix, secrétaire général adjoint de la Conférence des Evêques de France, rappelle, à partir de textes de Jean-Paul II, ce qu’est l’Eucharistie. Partie 2 sur 2 de la présentation avec Croire.com.

 

 

Le repas, c’est le temps, le lieu, où toute communauté se rassemble

« La dimension la plus évidente de l’Eucharistie est sans aucun doute celle du repas. L’Eucharistie est née au soir du Jeudi saint, dans le contexte du repas pascal. Elle porte donc, inscrit dans sa structure même, le sens de la convivialité : « Prenez et mangez… (…) buvez-en tous… ». Cet aspect exprime bien la relation de communion que dieu veut établir avec nous. » (Lettre apostolique de Jean-Paul II pour l’année de l’Eucharistie (octobre 2004-octobre 2005)

Le repas, c’est le temps, le lieu, où toute communauté se rassemble. La dimension retenue aurait pu être seulement celle du sacrifice de la croix. Mais le repas, qui porte en lui ce sens du partage communautaire, l’aspect festif de la convivialité, est un acte profondément humain. Il est socialement très significatif et traduit bien cette dimension indispensable de l’Eucharistie, la dimension communautaire et collective.

 

 

L’Eucharistie nous rend présents les mystères de la foi

« Le Sacrifice eucharistique rend présent non seulement le mystère de la passion et de la mort du Sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection (…). C’est en tant que vivant et ressuscité que le Christ peut, dans l’Eucharistie, se faire « pain de vie », « pain vivant ». (Lettre encyclique de Jean-Paul II (2003) sur l’Eucharistie)

Dans la tradition religieuse, le mystère désigne ce qui relève du plus profond de l’existence et que l’on n’a jamais fini de comprendre. Pas nécessairement quelque chose d’incompréhensible ou qui ne s’explique pas. Quand bien même l’homme n’en aurait pas toutes les clefs, le mystère traduit un accès réel à Dieu, un renouvellement de notre vie par sa présence.

L’Eucharistie nous rend présents les mystères de la foi parce qu’elle est mémorial, rappel et actualisation des gestes et des paroles de la Cène, tout autant que de ce qui suivra,la passion, la mort et la résurrection.

 

Une présence « réelle »

« La représentation sacramentelle du sacrifice du Christ (…) implique une présence (…) « réelle » (…) : « Par la consécration du pain et du vin s’opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son sang (…) » [Concile de Trente]. (…) L’Eucharistie est vraiment « mysterium fidei », mystère qui dépasse notre intelligence et ne peut être accueilli que dans la foi » (Lettre encyclique de Jean-Paul II (2003) sur l’Eucharistie)

Au coeur du sacrement, par la grande prière eucharistique et le don du pain qu’est la communion, se manifeste pour le baptisé et la communauté ecclésiale, une présence dite « réelle », c’est-à-dire véritable et spécifique, bien qu’invisible, du Christ ressuscité.

Un simple discours philosophique sur la matière ou la substance ne suffit pas à expliquer cette présence : elle relève véritablement d’un acte de foi.  

 

Le Christ est présent en nous de multiples façons

« C’est précisément l’unique Pain eucharistique qui fait de nous un seul Corps. L’Apôtre Paul l’affirme : « Parce qu’il n’y a qu’un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un seul corps : car tous nous participons à ce pain unique ». (…) Si l’Eucharistie est source de l’unité ecclésiale, elle en est aussi la plus grande manifestation »

L’image du Corps est particulière à saint Paul. Par la référence au Christ, elle rappelle beaucoup plus qu’une simple solidarité entre les membres. L’Eglise est plus qu’un corps social, elle est union des baptisés et des communautés ecclésiales dans leurs différences. Chaque membre du corps est profondément lié aux autres.

Le Christ est présent en nous de multiples façons : dans la célébration spécifique des sacrements, mais aussi au coeur de toute prière personnelle et ecclésiale, ou encore dans le lien intime de tout baptisé avec lui – quelles que soient les formes dans lesquelles s’exprime cette relation. Comme il était présent au milieu de la foule, Jésus l’est en chaque homme et au coeur de toute communauté rassemblée par sa Parole. Mais cette présence n’est jamais imposée à celui qui la refuse expressément. Elle peut prendre alors et mystérieusement une autre forme – proximité invisible jusque dans la distance – dans le respect de la liberté personnelle.

 

 

Source : Croire.com