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Le site de Qumrân est coincé entre la mer Morte à l’est et l’important escarpement rocheux des montagnes du désert de Juda à l’ouest. C’est dans des grottes aménagées dans ces escarpements que quelques habitants de la communauté de Qumrân vivaient. C’est aussi dans ces grottes que l’on a découvert le plus important lot de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les manuscrits de la mer Morte. Le point noir au centre de la photo est la plus connue de ces grottes (grotte 4).

 

Qûmran… ?

Nous avons ici une vue du plateau marneux où la communauté de Qumrân avait élu domicile. L’endroit est presque totalement désert. Il pousse bien quelques arbres, aidés par un système d’irrigation moderne, mais anciennement, seule la petite oasis d’Ein Feshka, située à proximité, permettait de pratiquer une forme modeste d’agriculture, subvenant ainsi aux besoins des habitants de cet établissement désertique.

 

Les alentours sont composés presque exclusivement de marne, ce qui explique la teinte blanche du sol partout autour du site. Le site de Qumrân lui-même, c’est-à-dire là où l’on a exhumé les restes de ce que l’on a appelé le « monastère » (mais ce terme fait un peu trop chrétien!), se trouve juste devant la touffe d’arbres, à gauche de la photo. On y décèle aussi en bas, le wadi (d’où nous vient le mot oued) Qumrân, sorte de rivière sèche en été mais torrentielle à la saison des pluies. Les habitants de Qumrân ont su utiliser au maximum l’eau qui s’écoulait de ce wadi à la saison des pluies, en la canalisant vers des citernes sur le site.

 

Le wadi Qumrân coule, durant la saison des pluies, dans la gorge formée entre les deux montagnes. Il se transforme en chute d’eau avant d’atteindre le fond de la vallée d’où il s’écoule jusqu’à la Mer Morte. Les ingénieurs de Qumrân avaient trouvé le moyen d’en canaliser une partie de l’eau vers les citernes du site grâce à des barrages érigés sur le parcours de l’eau. La petite tache verte, dans le fond, montre ce qu’il reste d’eau en juillet, après plusieurs mois sans pluie.

 

 

Un peu d’histoire

 Qumrân n’a pas une très longue histoire, et le site ne fut pas occupé de façon continue. L’essentiel de son histoire se déroule de la fin de la période hellénistique à la chute de Jérusalem en 70.

 

–  – VIIIe siècle : Une petite forteresse israélite occupe le sommet du plateau. Certains pensent qu’il s’agit de la Ville de sel dont il est question dans Jos 15,61-62, mais cette association n’est pas certaine. La forteresse restera en activité jusqu’à la fin de la monarchie judéenne alors que les Babyloniens emmènent le peuple en exil en 587.

 

–  – 150 à  env. – 134 Après une longue période d’abandon, le site est réoccupé (phase 1b) par un petit groupe de personnes qui réutilisent les installations du VIIIe siècle, en y ajoutant quelques nouvelles commodités. Il est difficile de préciser la date exacte de leur arrivée, certains la situant à l’époque de Simon Maccabée

 

–  – 134 : Sous le règne de Jean Hyrcan, le site atteint sa plus grande expansion et sa forme à peu près définitive. La communauté est au plus fort de son évolution et pousse ses liens jusqu’à Damas, peut-être même au-delà.

 

–  – 31 :Un important tremblement de terre détruit les installations. Le site est abandonné. (Il subsiste des questions quant à la durée de l’abandon du site. Certains proposent plusieurs décennies, d’autres, à peine quelques années.)

 

+ 4 à 68 : Le site est réoccupé par la même communauté, sans changement majeur dans sa configuration.

 

–  68 : Vespasien et ses troupes romaines mettront fin à la vie de la communauté en 68, lors de la Première révolte juive.

68 à 73 : Une garnison romaine est stationnée à Qumrân, gardant la voie de passage entre Jéricho et Massada. Une partie du site seulement est utilisée. La garnison sera retirée de Qumrân après la chute de Massada en 73.

132 à 135 : Aucune nouvelle construction sur le site, mais présence de quelques rebelles associés aux résistants de Bar Kochba, chef de la Deuxième révolte juive.

 

 

 

 

Source : Robert David, dans Interbible

 

Photos:  Sébastien Doane dans Interbible