Les évêques suisses ne peuvent accepter les déclarations de Monsieur Blocher. Quelle étrange compréhension de notre responsabilité de citoyen et de croyant. Défendre la dignité fondamentale de la personne humaine est justement notre devoir ! Si Monsieur Blocher parle d’abus, nous ne pouvons que les regretter avec lui. Mais nous savons que l’élémentaire rigueur intellectuelle nous interdit d’ériger en règle générale ce qui n’est que cas particulier.
C’est le devoir des Eglises que de s’engager pour la justice et la charité. Monsieur Blocher ne pourra nous interdire d’accomplir notre devoir en toute conscience.
La nouvelle loi exige des requérants d’asile de présenter des papiers valables. Mais que sont en fait des papiers valables ? Le destin d’une personne dépend-t-il de papiers ? Où est la dignité, le respect de la personne, de l’étranger ? Avec de telles mesures restrictives l’on ne fait que de susciter davantage encore la méfiance à l’égard des requérants d’asile. Le nombre des demandes d’asile va baisser, car il sera plus facile de déclarer des papiers non valables que d’examiner une demande d’asile.
Je ne voudrais jamais avoir honte de mon pays ! Nos ancêtres avaient parfois l’excuse de l’ignorance à notre égard, les générations futures n’auront pas cette consolation ! C’est aussi pour cette raison que les évêques continueront à s’engager pour la recherche de solutions justes dans le domaine de l’asile.
Fribourg, le 2 octobre 2005
Mgr Bernard Genoud
Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg
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