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Saint Cyrille de Jérusalem

jeudi 1er décembre 2005

Nous vous proposons un petit voyage à la découverte des richesses que recèle la tradition monacale de notre Eglise ; ce mois-ci, nous nous rendons chez saint Cyrille de Jérusalem (un docteur de l’Eglise).

Conseil de lecture : ce texte est inspiré du cheminement spirituel des moines Chartreux (pour en savoir plus http://www.chartreux.org).

Saint Cyrille de Jérusalem (313 - 380)

Né en 313 à Jérusalem ou dans les environs, saint Cyrille acquit dès sa jeunesse une profonde connaissance de la Sainte Écriture. il devint prêtre, puis, vers 350, évêque de Jérusalem. Mais l’archevêque arien de Césarée le fit chasser de son siège épiscopal. Après un exil de onze ans, il revint à Jérusalem où il se mit en devoir de réparer les ravages et d’apaiser les passions occasionnées par le schisme. Ce pasteur courageux mourut en 380. De sa prédication nous sont parvenues les Catéchèses qu’il prononça en 348. On y trouve un modèle de l’enseignement religieux au 4ème siècle, ainsi que le symbole de foi qui était à cette époque celui de l’Église de Jérusalem.

Deux aspects de la foi (Catéchèse baptismale 5, 1011. PG 33, 518519)

Il te faut dire avec les apôtres Seigneur : augmente notre foi (Lc 17,5), car quelque chose de cette foi t’appartient, mais ce que tu en reçois du Seigneur est immense.

Le mot « foi » est en effet unique en tant que vocable, mais il a une double signification. Il y a en effet un aspect de la foi qui est dogmatique et qui concerne l’assentiment de l’âme sur telle vérité donnée. Cet aspect de la foi est profitable à l’âme, ainsi que le dit le Seigneur : Celui qui écoute mes paroles et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et il échappe au jugement (Jn 5,24), et encore : Celui qui croit dans le Fils n’est pas jugé (Jn 3,18), mais il est passé de la mort à la vie (5,24). Ô grandeur de l’amour de Dieu pour les hommes ! Les justes, en effet, ont plu à Dieu durant nombre d’années. Or ce que ceux-ci ont acquis en plaisant à Dieu par de longues années de loyaux services, Jésus t’en favorise maintenant en un instant. Car si tu crois que jésus Christ est le Seigneur et que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé (Rom. 10,9) et tu seras placé dans le paradis par celui qui y a introduit le larron. Et ne doute pas que ce soit possible, car celui qui a sauvé sur le saint Calvaire le larron devenu soudain croyant, celui-là même te sauvera lorsque tu auras cru.

Il y a un second aspect de la foi : c’est la foi qui nous est donnée par le Christ comme un charisme, car à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse, à un autre une parole de science selon le même Esprit, à un autre la foi dans le même

Esprit, à un autre le charisme de guérir (1 Cor. 12,89). Cette foi, celle qui nous est donnée comme une grâce par l’Esprit Saint, n’est donc pas seulement la foi dogmatique, mais elle a la puissance de réaliser ce qui dépasse les forces humaines. Celui qui possède cette foi dira à cette montagne : Déplace-toi d’ici à là, et elle se déplacera (Mt. 17,20). Car lorsque quelqu’un prononce cette parole avec foi, en croyant qu’elle va s’accomplir, et sans hésitation intérieure, alors il reçoit la grâce de sa réalisation. C’est de cette foi qu’il est dit : Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde (Mc 11,23). De même, en effet, que le grain de moutarde est de petite dimension mais recèle une énergie de feu et que, semence minuscule, il se développe au point d’étendre au loin ses branches et de pouvoir même abriter les oiseaux ; ainsi la foi accomplit dans l’âme les plus grands exploits en un clin d’oeil.

L’âme se représente Dieu et le contemple autant qu’il est possible, quand elle est éclairée par la foi dans le Christ ; elle embrasse alors les confins de l’univers, et avant même la consommation de ce monde, elle voit déjà le jugement de celui-ci ainsi que la juste rétribution annoncée par les Évangiles. Aie donc, pour ce qui dépend de toi, cette foi en Jésus Christ, afin de recevoir de lui celle qui accomplit des oeuvres qui dépassent l’homme.

Texte choisi par Pascal Murri, gracieusement mis à disposition par la Communauté Saint Bruno (Centre laïc de la vie cartusienne)

Source : www.selignac.org

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