saint maurice

Notre monde est rempli de valeurs, certaines bonnes, d’autres moins. Le modèle d’aujourd’hui, c’est la réussite dans les affaires, le sport, la vie professionnelle. Les pages des journaux sont couvertes de visages triomphants ou rieurs qui expriment le bonheur de la victoire.

 

Fin septembre, en Valais, nous avons fêté Saint-Maurice. En quoi, ce chef militaire et ses soldats puissent-ils être des modèles de réussite puisqu’ils sont, à nous qui cherchons le bonheur, synonymes de mort et de malheur ? Une des lectures de la fête dit clairement : «leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis».

 

Oui, comment ceux qui à nos yeux incarnent la défaite, l’échec peuvent-ils apaiser notre soif de victoire ? Impossible, si l’on n’accepte pas d’entrer dans une nouvelle perspective, si l’on refuse de concevoir une autre échelle de valeurs que celle qui nous est proposée quotidiennement ; impossible sans regarder les évènements avec les yeux de la foi. Il en a fallu aux témoins chrétiens du martyre de la légion thébaine pour discerner derrière l’horreur d’un massacre, la glorieuse manifestation d’une offrande d’amour.

 

Saint Maurice nous invite à résister aux attaques d’un univers qui nie la réalité de l’invisible et qui petit à petit vient détruire en nous, la foi, l’espérance et la charité. Il n’y a pire misère que d’être privé du sens de la vie, de cette relation unique qui nous unit à notre créateur.

 

Chanoine Calixte Dubosson

 

 

Source : Cath.ch