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Sainte Thérèse d’Avila

mardi 7 juillet 2009

"Nada te turbe, nada te espante… Solo Dios basta" : cette rengaine bien connue de Taizé sont les mots de Sainte Thérèse d’Avila, une mystique béatifiée puis proclamée docteur de l’Eglise.
Portrait d’une femme hors du commun, avec ses aspirations et ses "anesthésies".

"Dieu seul suffit"

Sainte Thérèse en trois mots…. : « Dieu seul suffit » (…) Les vocations affluent. Thérèse, en première de cordée, indique à ses filles la voie qui mène à l’Epoux : l’oraison. Elle leur ouvre le chemin vers les profondeurs du coeur, ce palais que la Trinité a choisi d’habiter. Elle commence à déployer sa lumineuse doctrine qui fait d’elle, aujourd’hui encore, un véritable maître de la spiritualité chrétienne.

Se tourner vers le ciel

Née le 15 mars 1515 en Castille, Thérèse est la troisième enfant d’une famille noble qui en comptera douze. Dès sa plus tendre enfance, elle est littéralement attirée par le Christ. Agée d’à peine sept ans, elle souhaite se rendre en terre infidèle et y souffrir le martyre afin de gagner le Ciel au plus tôt. Constatant qu’elle ne peut accomplir son projet, elle se résout à « mener la vie des ermites du désert » dans le jardin de la maison familiale où, des heures durant, seule, elle prie.

Une grande épreuve l’attend : lorsqu’elle a douze ans, Thérèse perd sa mère. C’est naturellement vers Marie qu’elle se tourne afin qu’elle soit désormais sa propre mère.

A l’adolescence Thérèse est une jolie jeune fille. Progressivement, elle en prend conscience et elle se laisse aller au sournois désir de plaire. Son père, attentif, l’envoie alors dans un couvent afin de couper le mal à la racine. Thérèse a 16 ans.

L’aspiration à la vie religieuse retrouvée

Durant cette période, petit à petit, son cœur se transforme. Une sœur en particulier ravive en elle le « désire des choses éternelles. » Le dégoût qu’elle éprouve pour la vie religieuse disparaît. Une année et demie plus tard, Thérèse y aspire.

La sainte a 19 ans, elle partage à son père son désir d’entrer au carmel d’Avila mais ce dernier s’y oppose formellement. Peu importe, l’appel est trop pressant et son tempérament bien trempé. Durant le mois de novembre 1534, elle fugue et entre au carmel de l’Incarnation.

Le carmel d’Avila n’est pas cloîtré et ses portes s’ouvrent volontiers à l’esprit du monde. De nombreuses personnes viennent quotidiennement au parloir afin de discuter et de s’y faire remarquer. On apprécie Thérèse et souvent on la sollicite. Elle est encore une fois partagée entre sa soif de radicalité et son amour-propre, entre, selon les termes de saint Augustin : « l’amour de soi-même poussé jusqu’au mépris de Dieu et l’amour de Dieu poussé jusqu’au mépris de soi-même ».

Le temps du réveil

En 1541 l’idéal de sa vie spirituelle est anesthésié, elle abandonne la prière. Le Seigneur se sert de deux électrochocs afin de rallumer cette flamme : un jour il l’attend lui-même au parloir et lui reproche son amour pour le monde. C’est ensuite les confessions de saint Augustin qui achèvent le réveil de son âme. Thérèse a 27 ans et pour elle, désormais, « Dieu seul suffit ».

Elle aspire à plus de radicalité. Elle ne peut plus vivre dans un lieu où Dieu n’a pas la première place. Elle désire une réforme au sein de sa communauté, une vie plus conforme à l’Evangile et son désir s’amplifie. Dans ce même temps, elle fait vœux de toujours aspirer à la plus grande perfection et reçoit de grandes faveurs spirituelles : les visions se succèdent durant deux ans et demi.

La radicalité de l’Evangile

C’est Pierre d’Alcantara, son conseiller spirituel, qui incite la sainte à mettre en pratique son désir de réforme et c’est ainsi qu’elle quitte le couvent de l’Incarnation pour fonder le couvent de Saint-Joseph en 1561.

Saint Joseph correspond au désir de Thérèse : la pauvreté est vécue sans compromis. La clôture, quant à elle, facilite la vie de prière. Les vocations affluent. Thérèse, en première de cordée, indique à ses filles la voie qui mène à l’Epoux : l’oraison. Elle leur ouvre le chemin vers les profondeurs du coeur, ce palais que la Trinité a choisi d’habiter. Elle commence à déployer sa lumineuse doctrine qui fait d’elle, aujourd’hui encore, un véritable maître de la spiritualité chrétienne.

La toute jeune communauté s’étend rapidement, grâce, notamment, au soutien du supérieur de l’ordre. Thérèse reçoit l’autorisation (du P. Rossi, supérieur général de l’ordre) de fonder plusieurs couvents. En vingt-et-un ans, dix-sept voient le jour, non sans quelques difficultés. Tous héritent de l’élan et de la sagesse de la sainte.

Elle meurt dans la nuit du 4 au 5 octobre 1582 à l’âge de 67 ans. Elle fut enterrée au couvent de l’Annonciation à Alba de Tormes.

Elle fut béatifiée trente-deux ans après sa mort, en 1614, canonisée en 1622 et proclamée docteur de l’Eglise par Paul VI en 1970. Elle est fêtée le 15 octobre.

Source : JMJ.ch

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