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Sainte Thérèse d’Avila

mercredi 14 juin 2006

Nous vous proposons un petit voyage à la découverte des richesses que recèle la tradition monacale de notre Eglise ; ce mois-ci, nous nous rendons chez Thérèse d’Avila (Docteur de l’Eglise).

Conseil de lecture : ce texte est inspiré du cheminement spirituel des moines Chartreux (pour en savoir plus http://www.chartreux.org).

Sainte Thérèse d’Avila (1515 - 1582)

Jeune femme brillante et aimée de ses proches, elle entre à l’âge de 20 ans au monastère de l’Incarnation d’Avila. Elle y prend le nom de Thérèse de Jésus et découvre dans la prière silencieuse (oraison) le lieu de l’amitié et de l’intimité avec le Christ. Passionnément désireuse de partager son expérience et de la mettre au service de l’Église, elle s’engage dans la fondation de carmels réformés pour suivre de plus près le Christ dans la prière, la pauvreté et la simplicité d’une vie fraternelle. Elle nous a laissé une oeuvre écrite prodigieuse pour nous aider à marcher et à travailler au service de l’évangile, bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour tous.

Le “Chemin de la perfection” (chapitre 28)

Pensez-vous qu’il importe peu de savoir ce qu’est le ciel, de savoir où chercher votre adorable Père ? Je vous assure que pour des esprits distraits il importe beaucoup, non seulement de croire à la vérité de ce que je vais vous dire, mais d’en faire directement l’expérience, car c’est une des considérations les plus propres à fixer l’entendement et à porter l’âme au recueillement.

Vous savez que Dieu est partout. Or il est clair, comme dit le proverbe, que là où est le roi, là aussi est sa cour. Donc là où est Dieu, là aussi est le ciel. Vous pouvez donc croire sans l’ombre d’un doute que là où est Sa Majesté, là aussi est toute la gloire.

Voyez saint Augustin1. Après avoir cherché Dieu en bien des endroits, il le trouva au-dedans de lui-même. Croyez-vous qu’il soit sans importance, pour une âme qui se distrait facilement, de comprendre cette vérité et de savoir qu’elle n’a pas besoin de monter au ciel pour s’entretenir avec son Père éternel et trouver en lui ses délices, qu’elle n’a pas besoin non plus d’élever la voix pour lui parler ? Il est si près d’elle qu’il perçoit la moindre de ses paroles. Il n’est pas non plus nécessaire d’avoir des ailes pour aller à sa recherche. Il suffit de se retirer dans la solitude et de le considérer au-dedans de soi, sans s’effrayer pour autant de recevoir un tel visiteur.

Que l’âme s’humilie profondément, qu’elle lui parle comme à un père, le supplie comme un père ; qu’elle lui expose ses épreuves et le conjure d’y porter remède ; mais aussi, qu’elle comprenne bien qu’elle n’est pas digne d’être sa fille.

Loin de vous ces timidités excessives où tombent certaines personnes qui les prennent pour de l’humilité ! Non, l’humilité ne consiste pas à refuser une faveur royale, mais à l’accepter en reconnaissant combien nous en sommes indignes et à nous en réjouir.

Texte choisi par Pascal Murri, gracieusement mis à disposition par la Communauté Saint Bruno (Centre laïc de la vie cartusienne)
www.selignac.org

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