Le commerce juste
Le « commerce équitable » est aujourd’hui assimilé à des produits comme le café ou la banane, des produits du Sud commercialisés au Nord. En invitant à « miser sur un commerce juste », nous voulons élargir la perspective et montrer que l’équité est possible dans toutes les relations commerciales que nous pouvons avoir comme consom’acteur.
En nous comportant en consommateur lambda nous cautionnons le système actuel est ses dérives. Les grands distributeurs analysent les comportements d’achats de leur clientèle pour répondre à la demande.
Etre consommateur…
En achetant dans un magasin suisse en janvier une botte d’asperges venue du Mexique nous faisons la demande tacite aux grands distributeurs de continuer à s’approvisionner de la sorte. La botte en question aura nécessité 5 litres de pétrole pour traverser en avion les 11’800 km qui la sépare de notre assiette. En comparaison, une botte d’asperges produite en suisse en mai nécessite 0.3 litre de pétrole (source WWF).
Selon une étude de l’EPF, la consommation suisse annuelle des asperges vertes en provenance des Etats-Unis charge l’atmosphère de 55 000 tonnes de CO2, un gaz reconnu comme le principal responsable de l’aggravation de l’effet de serre, le réchauffement planétaire et la modification du climat.
Il nous reste le choix d’être consom’acteur et de préférer, en janvier, un délicieux chou ou des carottes disponibles sur les étales du marché de notre localité !
Ci-dessous quelques exemples de règles du commerce international qui mettent en péril de droit à l’alimentation des populations du Sud.
Aujourd’hui, les règles commerciales sont injustes et portent préjudice au droit à l’alimentation. La libéralisation du système a permis à quelques grandes multinationales de se partager la quasi totalité du marché de l’agro-alimentaire. Avec l’aide plus ou moins implicite de gouvernement, elles imposent aux agriculteurs des pays du Sud une politique agricole favorisant des produits destinés à l’exportation. Résultats : les petits paysans abandonnent leurs cultures vivrières pour planter et produire ce que les multinationales sont prêtes à leur acheter et devenir ainsi esclave du cours de leurs denrées.
Un exemple en est la place de la propriété intellectuelle dans les accords de libre-échange. Un accord spécifique entré en vigueur en 1995 contraint les pays membre de l’OMC de modifier leur législation sur les brevets. Ils doivent en particulier protéger les nouvelles variétés végétales. Or, depuis toujours les paysans conservent, échangent et réutilisent librement les semences issues de leur récolte. Avec ces nouvelles dispositions cette liberté est menacée.
L’agriculture subventionnée telle que nous la connaissons dans la plupart de pays du Nord est une injustice à l’échelle mondiale. Ces subventions permettent d’inonder les marchés africains ou latino-américains de produits à prix cassés. Comment les producteurs des pays du Sud peuvent-ils rivaliser sur les marchés mondiaux face à des denrées dont les coûts de production sont en grandes parties pris en charge par l’Etat ?
Ou consomm’acteur ?
Il est possible de faire autrement. Pour cela il faut changer de cap et replacer l’être humain au centre des relations commerciales.
A l’échelle de chaque individu cela implique de devenir consom’acteur en choisissant :
dans les Magasins du Monde ou chezClaro (shop online) des produits issus du commerce équitable,
dans les grandes surfaces des produits portants le label « Fair Trade » tel que Max Havelaar,
au marché, ou en adhérent à un réseau d’agriculture de proximité, des fruits et légumes bio, frais et de saison.
En consommant intelligemment, nous payons le salaire juste au producteur de café colombien, nous payons le prix juste à l’agriculteur proche de chez nous (effet positif sur le système incohérent des subventions) et nous consommons de façon écologiquement juste et durable.
Les alternatives existent pour faire autrement et réduire la faim et la pauvreté dans le monde.
Source et images : Droit à l’alimentation
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