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S’envoler au cœur d’Alep avec les yeux d’un enfant.

 

Ce livre raconte l’histoire de Myriam Ravick, syrienne de 13 ans, qui a grandi dans un quartier d’Alep, Jabal Saydé, en Syrie. C’est avec ses yeux d’enfants qu’on découvre ainsi la réalité et le quotidien à Alep, avant et après la révolution, jusqu’à nos jours.

 

Le quotidien de Myriam à Jabal Saydé se poursuit entre école, fêtes de famille, fêtes religieuses et catéchisme, mariages, repas familiaux aux doux saveurs épicés, amitiés et jeux d’enfants dans le temps libre, ainsi que moments de joie et de partage simple entourée par un père et une mère soucieux du bonheur familial.

 

Un quotidien qui commence à être progressivement perturbé par la révolution. Les commerces qui se vident, les écoles qui ferment et l’atmosphère de tension qui se propage. Une atmosphère qui interroge : « A la fin de la journée, quand mon père est venu me chercher à l’école, je lui ai demandé : Papa, c’est quoi la révolution ? Ce n’est pas pour les enfants, Myriam….Tu veux dire que je n’ai pas le droit de faire la révolution ? Il m’a répondu que c’était trop compliqué à comprendre et qu’il m’expliquerait un jour, quand je serai plus grande. Il m’a pris la main et nous avons marché jusqu’à la maison » p.47

 

Le quotidien devient ensuite de plus en plus déstabilisé et déstabilisant… « Aujourd’hui on a passé la journée dans le sous-sol de l’école. Nous sommes descendus à la récréation parce que des obus ont commencé à tomber. Quand on a entendu le premier, les fenêtres de la classe se sont mises à trembler. A un moment, alors qu’on s’apprêtait à descendre, la grande vitre qui est côté du bureau de la maîtresse a explosé. Le directeur est arrivé en courant, il a dit qu’il fallait vite descendre » p. 174.  Les appartements se vident et les mouvements dans le quartier sont de plus en plus surveillés. Les denrées alimentaires sont rationnées et les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. « Je ne reconnais plus Alep quand je traverse la ville ». p. 248. « Alep est une ville fantôme » p. 260. A la maison également on se retire dans le cagibi pour ne pas être vus. Deuils et douleur déchirent les familles qui perdent des jeunes dans les armées, révolutionnaire ou du gouvernement. La guerre devient donc partie du quotidien jusqu’au moment où c’est trop dangereux de rester et la famille de Myriam décide de déménager dans un autre quartier.  Comme le dit Myriam « on fait tout ce qu’on peut pour tenir et oublier le Alep qu’on a perdu, mais c’est chaque jour plus difficile » p.261.

 

Malgré tout cela la vie continue, caractérisée par les petites joies. « Hier, papa nous a fait une surprise et a rapporté une petite piscine en plastique gonflable que nous avons mise sur le balcon et que l’on a remplie d’eau. On a joué dedans toute la journée. Comme avant. Il suffisait de fermer les yeux et d’imaginer que l’eau était salée, ça faisait comme la mer ». p. 220. Malgré une enfance volée, ce qui impressionne le plus c’est finalement la foi et force intrinsèque à la Vie dont Myriam fait preuve et qui sont plus fortes de la souffrance et du désespoir. Elle-même elle affirme :« J’ai grandi vite, trop vite… je me suis retrouvée coincée dans un conflit sans nom, sans mots pour les enfants. Je ne l’ai pas compris. On parlait de guerre civile, on parlait de bombardements russes, de coalition internationale. Pour moi, c’était juste la peur, la tristesse, l’angoisse. Et les souvenirs d’une vie d’avant que je ne retrouverais jamais » (Epilogue) mais « Si nous voulions revivre ensemble, il allait falloir se réconcilier » p.294.

 

C’est ainsi cette force est cet espoir qui est revendiqué par le courage et le témoignage de cœur d’enfant, déterminée à continuer sa Vie, en ouvrant des chemins d’espoir et de réconciliation J. « Nous allons marcher dans ce qui était l’ancienne ligne de front il y a encore une semaine. Il vous faudra choisir une pierre qui a du sens pour vous et, cette pierre, qui vient de la destruction, nous l’utiliserons pour la construction de notre crèche. Ces pierres sont les témoignages de ce qui s’est passé ici. Elles doivent servir à reconstruire la ville. Ces pierres de la guerre doivent devenir des pierres de la paix ». p.286.

 

 Chiara

Chiara Mari

(Jeune travailleuse sociale, passionnée par les Arts et l’interculturel. Elle fait partie du groupe de jeunes adultes qui anime le groupe de prière de la Mission de langue portugaise à la paroisse de Renens)