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Dans cet article j’aimerais revenir sur une expérience concernant les prières de Taizé que j’ai pu avoir, lors d’un séjour d’un an au Cambodge.

 

La première chose à dire à propos des prières de Taizé était que je n’y connaissais rien avant d’atterrir au Cambodge. Ma première « prière » de Taizé a donc été dans une toute petite église catholique perdue au milieu des rizières, en compagnie d’environ 200 jeunes cambodgiens, avec qui j’avais marché pendant deux jours. Cela faisait moins d’un mois que j’étais arrivé au Cambodge et donc inutile de dire que le langage cambodgien (le khmer pour être précis) m’était complètement étranger… …et pourtant, grâce à la simplicité des chants de Taizé, que nous chantions en langue locale, je me suis tout de suite senti intégré à la prière, pouvant même chanter avec eux après avoir écouté une ou deux fois le chant.

 

Après cette première expérience, j’ai l’occasion de participer en tant que « spectateur » à quelques prières de Taizé, toujours au Cambodge, en apprenant à mieux connaitre Taizé.  Puis environ 4 mois plus tard, il se trouvait que les frères (de Taizé) Gislain et Andréas organisaient une retraite internationale de Taizé à Phnom Penh, la capitale du Cambodge, où je vivais alors. Et qu’un prêtre que je me connaissais m’a proposé de me joindre à la retraite, qui réunissait donc des cambodgiens bien sûr, mais aussi des vietnamiens, des laotiens, des thaïs et birmans.

 

Durant cette retraite, ce qui m’a frappé, c’est la diversité des cultures entre les différents pays, que l’on voyait notamment au travers des messes quotidiennes (il ne s’agissait que de jeunes catholiques, de fait nous avions une messe quotidienne, animée à tour de rôle par chaque pays), mais aussi l’unicité des prières de Taizé. Même si chacun chante dans sa langue, le résultat reste mélodieux et porteur à la prière. Une chose qui m’a d’ailleurs frappé, c’est que malgré les problèmes qu’il peut y avoir entre les pays, liés à l’histoire notamment (le Vietnam occupait le Cambodge jusque vers 1990 par exemple), les jeunes étaient heureux de pouvoir partager entre eux les chants de Taizé, et d’apprendre les chants dans la langue de leur voisin. Pour l’unicité de la région, face notamment à la problématique de l’ASEAN (une union européenne pour les pays d’Asie du Sud Est) qui se met progressivement en place, c’est une grande force.

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Et puis, après cette retraite, ayant la chance de connaitre le responsable d’un groupe réalisant des prières de Taizé et formant d’autres jeunes cambodgiens pour qu’ils puissent ensuite réaliser dans leurs paroisses des prières de Taizé, j’ai eu la chance de participer à ses cotés à de nombreuses prières et même de m’impliquer dans leur organisation.  Et à ce moment-là, ce qui m’a vraiment frappé, c’est que des jeunes catéchumènes, ou même des bouddhistes se posant la question de devenir chrétien, non seulement participent à ces prières, mais en plus sont très impliqués dans leur préparation. Grâce à Taizé, non seulement ils sont donc en quelques sortes « évangélisés », mais en plus ils font actes d’évangélisation auprès d’autres jeunes.

 

Bref, cette découverte de Taizé, dans un environnement complètement différent du notre m’a vraiment permis de me rendre compte de la force de Taizé pour aider à l’unification des peuples, même dans un environnement qui à la base n’est pas chrétien, et qui est marqué par des conflits encore pas complètement éteints.

 

Et pour terminer sur cette découverte de Taizé en Asie du Sud-Est, voilà quelques chants de Taizé, dans différentes langues d’Asie du Sud-Est :

–          Laudate Dominum en khmer (langue principale du Cambodge) :

 

–          Bénissez le Seigneur en khmer :

 

–          Ubi Caritas en thaï :

 

–          Stay with me en thaï :

 

–          Jesus, remember me en thaï :

 

–          Laudate omnes gentes en karen (langue parlée par une minorité ethnique de Thaïlande) :

 

Christophe Savioz