taizé riga

80 Suisses, dont une majorité de Romands, ont participé aux 39e rencontres européennes de Taizé à Riga (Lettonie), du 28 décembre 2016 au 1er janvier 2017. Accueil en famille, réflexion et prière constituent la trame de cet événement qui s’est donné pour objectif de “retrouver l’enthousiasme d’une jeune Europe”.
“La première chose qui m’a frappée en sortant de l’avion, c’est l’accueil chaleureux des familles lettones”. La porte d’un appartement familiale s’est ouverte pour Tatiana Oberson, de Genève, comme pour la plupart des 15’000 jeunes présents sur place pour ce “pèlerinage de confiance sur la terre”. “Nous sommes accueillis par une mère de famille et ses trois enfants. Le premier soir, elle nous a remis les clés de la maison. C’est un geste de confiance qui me touche beaucoup”.

 

 

Riga, ville œcuménique

Riga est une ville de longue tradition luthérienne, bien que les communautés catholique et orthodoxe sont importantes. Des liens profonds unissent les différentes confessions chrétiennes, ce qui prédisposait la capitale lettone à accueillir ces rencontres œcuméniques. “L’amour du Christ doit être le pont qui relie les paroisses, les églises, les frères et sœurs comme notre pays relie l’Ouest à l’Est”, écrivaient les responsables des communautés chrétiennes dans leur lettre d’invitation commune.

A travers cette rencontre, nous comprenons mieux l’importance de la fraternité en Europe, affirmait le 27 décembre dernier Fr Aloïs, sur les ondes de Radio Vatican. Par leur pèlerinage, les jeunes veulent signifier que l’Europe est accueillante. Ils veulent aussi faire entendre la voix des petits pays pour qu’ils soient respectés dans leur histoire et leur diversité”.

Dans un contexte européen tendu, “ces jeunes refusent de se laisser aller à la peur ou au découragement, ajoutait le responsable de la communauté de Taizé. Ils persévèrent dans la confiance en Dieu. C’est une grande exigence dans cette époque d’instabilité et d’incertitudes”.

 

 

Se laisser surprendre

Reliée à la dimension spirituelle, la réflexion autour de l’engagement social rythme ces rencontres. En témoignent les différents ateliers, aux titres évocateurs: “L’Europe aujourd’hui – que pouvons-nous faire pour l’unité du continent?” ou encore “Vers une meilleure intégration de tous dans la société: échange avec des anciens sans-abris, des personnes sortant de prison”. La “paix mondiale”, chère aux moines de Taizé, se construit d’abord à l’échelle individuelle.

 

Du côté des participants, les attentes étaient variées. “Durant ces quelques jours, je me laisse guider et surprendre”, confie Tatiana. La jeune femme de 23 ans en est à ses huitièmes rencontres européennes. Les veillées de prière dans les grandes halles ou en petits groupes, les temps de partages et d’échanges autour des ateliers, la grande veillée finale pour passer le cap du nouvel an: elle connaît le programme comme sa poche. Au coeur de ces foules, son expérience lui dit que les moments les plus anodins valent tout autant que les plus impressionnants. “Les expériences décisives que j’ai vécues lors des précédentes rencontres de Taizé se sont toutes passées à l’occasion de petites discussions autour d’un café”.

 

Pierre Pistoletti

 

Source : Cath.ch