Depuis toute petite, une phrase toute simple a toujours raisonné dans ma tête et je crois surtout dans mon cœur… « aider les autres ». La question qui a rapidement suivi a été : « oui, mais comment ?? ». Il existe une multitude de façons d’aider les autres et je crois d’ailleurs que le propre de l’Homme est de s’entraider continuellement pour avancer.
Voulant m’orienter dans le domaine social mais ayant déjà vaguement le mot « humanitaire » au fond de mon esprit, je me suis dirigée vers une formation d’infirmière pensant judicieux de compléter l’aspect social avec l’aspect santé, indispensable à mon sens pour « aider les gens » dans les pays en voie de développement.

J’ai donc débuté cette formation en octobre 2005, profondément motivée par l’envie d’apprendre pour mieux aider mais également fragilisée par quelques événements difficiles survenus dans ma vie cette année là…Je me souviens d’ailleurs que l’une des premières questions que je me suis posée a été : « Ne faut-il pas apprendre à se soigner/s’aider soi-même avant de vouloir soigner/aider les autres ? » Mes deux premières années d’étude ont été envahies de craintes, de remises en question et de doutes quant à ma « capacité » à aider mon prochain…oui, je me suis demandée si j’allais être capable d’aider…
C’est l’Ami le plus extraordinaire au monde qui m’a permis de répondre à cette question… Mon Ami Jésus-Christ ! J’ai essayé de mener ma barque seule durant quelques temps étant certaine que je tiendrai le gouvernail très facilement et avec assurance (résultat décevant !) mais Cet Ami m’a proposé de tout simplement lâcher prise et de Lui remettre ce gouvernail. Il m’a invité à me mettre en marche avec comme outils la Foi, l’Amour, l’Espérance et la Confiance, Il a dit qu’Il s’occuperait du reste…Quel soulagement de se savoir guidée mais pas facile de remettre ma vie entre Ses mains…oui, pas si évident de laisser Sa volonté choisir la direction !
C’est pourtant grâce à cela que mes craintes et mes doutes ont disparu pour laisser place à cette envie profonde d’aller à l’autre. Une première expérience de deux mois à Madagascar durant ma dernière année d’école m’a permis de toucher du doigt ce qui m’attirait tant depuis longtemps, raison pour laquelle je suis repartie dès la fin de mes études pour une année au sein d’un ONG locale… L’ONG Bel Avenir…
L’ONG Bel Avenir (ONG malgache œuvrant dans le Sud de l’île) avait le projet d’ouvrir un foyer social pour des adolescentes à risque élevé de tomber dans la prostitution, problématique sociale récurrente à Madagascar et principalement dans les villes du Sud comme Tuléar. Elle cherchait également une personne pour coordonner le volet social et sanitaire, ce qui me motivait particulièrement et qui a contribué à ma décision d’engagement à l’ONG.
Au sein du foyer social, que nous avons ouvert en mars 2010, nous avons accueilli 30 filles entre 11 et 17 ans, provenant des quartiers les plus défavorisés et dangereux de Tuléar. Notre objectif principal est de les accompagner dans la gestion de leur vie quotidienne, leur offrir un accès à une scolarité constante et stable et un espace de vie sécurisant afin qu’elles puissent s’épanouir et développer leur autonomie en vue de leur vie future. Les filles ont donc quitter le domicile familial pour intégrer le foyer la semaine et retournent dans leur famille le week-end. Accompagner les familles des filles du foyer est indispensable pour nous afin qu’ils se sentent impliqués et responsables de l’avenir de leurs enfants, c’est pourquoi nous nous réunissons régulièrement avec les parents pour échanger, partager et trouver de nouvelles idées avec eux.
Durant cette année, j’ai essayé et surtout appris à accompagner ces 30 « dons du Ciel » ;) au quotidien ainsi que l’équipe d’animatrices que nous avons engagée pour la gestion quotidienne du foyer. Apprendre à organiser, gérer, manager, proposer, communiquer, guider, s’adapter, motiver, etc. Quelle expérience incroyablement difficile pour moi mais tellement apprenante ! ;) Cependant, ce sont aussi (et principalement !) les moments et les choses les plus simples qui ont nourri ma motivation…Ces immenses sourires chaque matin quand j’arrive au foyer, ces petits moments de bonheur simple que je partage chaque jour avec tous ces enfants, cette joie de vivre qui ne peut qu’émaner du Ciel ! Oui, tant de beauté au travers de tant de misère…Je crois pouvoir dire que ce sont les difficultés que je rencontre au quotidien qui me poussent et me donnent la profonde envie de persévérer…On dit que les obstacles de la vie quotidienne sont les poteaux indicateurs qui jalonnent la route menant à Dieu…Et quelle route extraordinaire que Dieu m’invite à emprunter ! Le retour à mon pays natal, depuis trois maintenant, m’a permis de découvrir l’importance du parallèle entre le travail sur le terrain et les actions à entreprendre ici, pour récolter les fonds nécessaires qui nous permettent d’avancer chaque jour là-bas. Je repars donc le 20 mars, consciente du travail qui m’attend
Ce retour m’a aussi permis de vivre ce « choc des cultures » comme on l’appelle souvent… Je crois qu’il est utile de le vivre car, bien que difficile et déconcertant, il est très riche en réflexion et en apprentissage et, par la Prière, il ne me pousse qu’à persévérer dans cette magnifique recherche de l’Autre à Madagascar…
Carine Tasch
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