De famille pratiquante, à l’adolescence j’avais mis Dieu dans un tiroir.
Il y a 5 ans, j’ai eu la chance de côtoyer des jeunes qui y croyaient, pour qui Dieu avait un sens et n’était pas qu’une théorie ; des jeunes qui vivent leur foi comme un moteur pour leur vie de tous les jours, qui essaient de vivre ce « Aimez-vous les uns les autres » au cœur de l’Evangile. Une fille tout spécialement… qui n’avait pourtant rien de spécial ! Ni branchée, ni super mignonne ; mais elle rayonnait quelque chose. En la côtoyant, j’ai découvert peu à peu sa capacité à écouter vraiment ; à accueillir chacun, sans jugement mais avec une immense tendresse ; sa volonté d’être en vérité avec ceux qui l’entourent ; son attention à l’autre, à celui qui est mis à l’écart ; bref, sa manière d’aimer. Elle n’a jamais cherché à me convaincre mais elle m’a toujours dit la vérité sur sa manière de vivre les choses, de voir les personnes, de croire. Et c’est très très beau. Mais moi, Dieu, ça ne me paraissait pas rationnel ! Sans refuser qu’il existe, je n’avais simplement pas la chance de croire en lui.
Lors d’un voyage en Argentine, ce cadeau-là, de croire en Dieu, je l’ai reçu. Un an plus tard, je me retrouve animatrice jeunesse en Eglise.
Et quand Dieu devient Quelqu’un de concret dans votre vie, il est impossible de ne pas s’engager. Parce que l’envie de partager ça est trop forte. Parce que d’essayer de mettre en pratique cet « Aimez-vous les uns les autres », c’est beau, très beau ! Parce que la phrase « Donnez et vous recevrez au centuple » se vérifie tous les jours. Parce que c’est un monde nouveau qu’on construit par les petits gestes. Parce qu’on a tous besoin d’aimer et d’être aimé : à la fois très difficile à réaliser et très beau à vivre ! Quand les mots « enfant de Dieu » deviennent quelque chose de vécu, quand en disant le Notre Père on se sent vraiment frères et sœurs, tout change ! L’Eglise n’est plus une institution rigide ou sclérosée mais elle devient vous et moi, Sophie, Stéphanie, Gaël, Jean-Jacques. Une famille, quoi ! Et comme chaque famille, elle a ses faiblesses mais aussi ses forces, ses défauts mais aussi ses qualités. Deux possibilités donc : la première, je refusais de me sentir concernée. La deuxième : je décide que oui, malgré tout, c’est ma famille, et j’ai envie de vivre avec elle et en elle tout ce qu’elle a de beau à offrir. Et c’est à moi, par ma manière de vivre et de vivre mes relations avec les autres, de rendre mon Eglise chaque jour un peu plus belle.
Je voudrais aussi vous dire merci : chacun de vous, à sa manière, rend ma famille… notre famille en fait, un peu plus belle, par votre présence, votre engagement, votre témoignage de vie.
Joëlle
Version imprimable