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Chaque année depuis 1978, les frères de la communauté œcuménique de Taizé (Bourgogne) organisent pour le Nouvel-An une rencontre de cinq jours sous le nom de « Pèlerinage de Confiance sur la Terre » dans le but de se déplacer auprès des jeunes dans une ville d’Europe.

 

Cette année, c’est la ville de Strasbourg qui a eu ce privilège. Quel choix ! La capitale alsacienne est un symbole de paix à multiples facettes. Elle est premièrement le symbole de réconciliation suite aux guerres franco-allemandes du XIXe et du XXe siècle qui s’arrachaient tour à tour Alsaciens et Lorrains. Deuxièmement, c’est dans cette ville que la Cour européenne des Droits de l’Homme a décidé d’implanter son siège. Et dernièrement, dans cette région relativement autonome de France, catholiques et protestants cohabitent depuis des décennies.

 

L’événement a attiré 30’000 participants parmi lesquels 150 Suisses âgés entre 15 et 35 ans. Après s’être retrouvés à Bâle le 27 décembre au soir pour une prière commune, les Suisses ont fait le déplacement ensemble justaizé_strasbourg 2013_23qu’en Alsace, puis se sont séparés par groupe régionaux au sein des paroisses de la région de Strasbourg, voire même dans l’Ortenau (Allemagne), de l’autre côté du Rhin.

Le groupe de jeunes « La Côte », groupe mixte de catholiques et protestants, s’est retrouvé dans le charmant village d’Erstein où les nombreuses maisons à colombage embellissent le paysage traditionnel. Les jeunes, par petits groupes de 2 à 4, ont été accueillis chez les paroissiens du village qui se sont mobilisés en masse pour que personne ne dorme à même le sol.

 

Les journées étaient rythmées par les prières : petit déjeuner chez l’habitant suivi de la prière du matin à l’église protestante luthérienne de la paroisse. Puis déplacement en car à Strasbourg pour la prière de midi en présence des frères et de … 5’000 autres personnes ! La ville a mis à disposition cinq lieux de prières pour accueillir tout le monde à l’intérieur, dont la magnifique cathédrale gothique achevée au XVe siècle. L’après-midi laissaient place aux « carrefours » : des ateliers divers et variés sur des thématiques de religions, d’actualité, de témoignages. Dès 17h, les repas sont servis à la chaîne et en une heure environ 20’000 repas sont distribués. Le soir a lieu la troisième prière et une fois celle-ci terminée, les jeunes se retrouvent dans une grande hall où cohabitent des dizaines de chants, de danses et de jeux en diverses cath ®langues.

 

Le soir du 31 décembre est particulier. En effet, toutes les paroisses organisent une prière le soir avant les fameux douze coups de minuit suivie de la « fête des peuples » où chaque nationalité représentée propose une animation en lien avec son pays. La richesse culturelle de cette soirée dépasse les attentes et des liens se créent entre les participants. On se parle en plusieurs langues, on tente de se comprendre avec des signes, il existe une réelle communication, voire communion entre les jeunes.

Le lendemain, c’est la famille d’accueil qui prépare le repas du 1er de l’an. Les spécialités locales (choucroute, kougelhopf, falmmekueche, etc.) prennent légitimement place sur la table à manger pour le plus grand plaisir des jeunes venus des quatre coins de l’Europe.

Ce n’est pas une simple rencontre de jeunes que les participants vivent, c’est une expérience, ressentie tant au niveau de la foi, que de l’ouverture d’esprit, ou encore de la vie en communauté.

 

Sébastien Salvi, Resp. pour le groupe « La Côte » à la rencontre de Strasbourg.

Photos : Christophe Heckel