Une semaine neigeuse… rien à voir avec ces belles journées d’été en montagne… Comme la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin, nous avons vécu cette semaine armés de courage et de fous rires ! Il en fallait de l’humour, jugez plutôt :
Première nuit sous tente près du col de la Croix du Bonhomme (2500 m.). Entre temps, Milord (un des mulets) a stoppé net devant la traversée d’un torrent avant le col. Il dormira seul sur le chemin alors qu’on achemine les affaires à dos d’homme jusqu’au campement. Visibilité nulle le matin avec en prime 30 cm de neige. Des nuits sous tente de ce style, ça ne s’oublie pas. Belle mise en route !
Le lendemain, nous expérimentons la psychologie équine pour faire avancer la bête. Lionel devient deuxième muletier ; c’est le plus jeune du groupe, mais pour ses seize ans, il se débrouille drôlement bien. Après quelques heures de lutte, Milord accepte enfin de continuer, sous la neige, puis la pluie. Descente sur les Chapieux pour la nuit dans un refuge d’hiver, sommaire mais au sec !
Suite au retard accumulé et aux conditions hivernales (neige continue à 2000 m), nous décidons le mercredi de rejoindre la Fouly en bus (avec les mules dans une bétaillère) afin de combler le retard pris le deuxième jour. Nous ne passerons pas par l’Italie et Courmayeur, dommage ! Nous débarquons à la Fouly et montons à l’alpage de la Peule. Belle nuit festive, sous tente !
Le jeudi nous rallions Champex. Le beau temps est de retour, c’est magnifique. Les jeunes sont extraordinaires, nous formons une belle équipe. Nuit sous tente au Val d’Arpette, autour d’un feu, les gags fusent : de vrais moments de bonheur !
Le vendredi matin, avant le départ, nous méditons le Cantique des Créatures de saint François d’Assise. Nos frères le vent, la pluie, la neige, le soleil, on les côtoie de près ! L’occasion de dire merci de rendre grâce pour tout ce que nous vivons. Aujourd’hui nous partons en direction du Trient par l’alpage de Bovine (magnifique vue très aérienne sur la vallée du Rhône). La montée est difficile. Après quatre heures de marche, il faut débâter les mules pour un passage technique sur des dalles rocheuses. Monseigneur (le premier mulet, qui force au respect) s’en sort bien alors que Milord fait à nouveau des siennes et refuse net de passer. Robert le muletier nous briffe : il faut se tenir derrière la mule afin de l’intimider avec des cris afin qu’elle se décide à passer. Après 20 minutes, Milord fait mine d’avancer, se cabre et chute lourdement en arrière sur le chemin. C’est la panique…. je prie pour que personne ne soit dessous. Ok, c’est bon. Robert prend le contrôle, examine la bête à quatre fers en l’air plus l’exhorte à se relever. Chose faite, l’animal n’a rien. Nous, on a vécu une belle frayeur !
Alexandre pointe son doigt en direction du ciel… Dieu est avec nous ! Une fois encore nous redisons merci. Comme Milord n’avance pas, Robert notre muletier doit rebrousser chemin pour reprendre plus bas un autre chemin, on se retrouvera plus tard. Nous nous chargeons des affaires des mules et marchons en direction de l’alpage de Bovine ou Michèle nous accueille, entourée de vaches d’Hérens. Nous attendons Robert qui nous rejoint vers 19 h 00, préparons le souper et dormons sous tente dans ce lieu magnifique.
Le samedi 14 juillet, descente en direction du Col de la Forclaz. Au col, nous laissons les mules et marchons en direction du glacier. Après quelques photos de groupe, nous descendons sur le village de Trient où nous attends Aicha, la femme de Robert, et le minibus. Après réflexion, c’est plus sage de descendre en bus à Martigny que de retourner sur Chamonix. Nous nous séparons la larme à l’œil, fort de cette belle expérience.
Pour être sincère, nous n’avons pas vu le Mont Blanc. Nous aurions pu être amer car rien ne s’est vraiment déroulé comme prévu. Mais c’est la joie qui prime, et la fierté d’avoir donné le meilleur de nous-même dans cette aventure. Nous nous sommes dépassés, et ça, ça fait grandir !
Un grand merci à Robert à Aicha ! Respect pour les muletiers, c’est un travail très exigeant. Merci à vous aussi, Kai, Stéphanie, Lionel, Noémie, Alex, Christophe, Barbora, Raphaël et Florian ! Vous êtes super !
Pascal Devanthéry, aumônier
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