Le divorce est un sujet de société abondamment traité au cinéma. Alors pourquoi cette histoire est-elle si attachante ? C’est que les personnages ont une âme et, s’ils risquent de l’oublier, les enfants (Termeh et la fille de Razieh) sont là pour le leur rappeler.

Termeh comprend sa mère mais elle est proche aussi de son père. Le jour où elle le soupçonne d’avoir menti pour échapper à la prison, son regard est plus tranchant que tous les jugements. Quant à la petite, du haut de ses cinq ans, elle devine les cas de conscience des adultes, capable d’encourager Razieh à passer outre un scrupule religieux par un « je ne dirai rien à Papa ».
Rien de manichéen : chacun a ses raisons et, partant, ses circonstances atténuantes. Devant le juge, Simin affirme que Nader est quelqu’un de bien à qui elle n’a rien à reprocher. Et elle-même, quoique convaincue de la nécessité de partir, fait en sorte de faciliter la vie de sa famille en son absence. La sollicitude de tous pour le vieux père malade est touchante : la cravate qu’on lui met pour sortir est le symbole du respect qu’on lui témoigne. Le spectateur suit avec intérêt les péripéties judiciaires et la fin - habilement ouverte - lui laisse imaginer un avenir possible.
La peinture de ce couple en crise permet au cinéaste d’évoquer les problèmes de la société iranienne contemporaine : situation des femmes, inégalités sociales, interdits religieux. Mais la visée n’est pas politique. Le ton est profondément humaniste.
Une Séparation a obtenu le prix œcuménique à la Berlinale 2011.

PS : le film est actuellement sur les écrans
Source :Signis, Michèle Debidour
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