En ce premier dimanche de l’Avent commence en Suisse une « Année des vocations sacerdotales » ; elle sera suivie, en 2006, par une deuxième année de toutes les vocations. Les évêques suisses nous invitent à réfléchir sur la place du prêtre dans nos communautés paroissiales, à prier avec intensité et à œuvrer en vue de favoriser l’éclosion des vocations sacerdotales. Ils souhaitent que cette année nous permette de montrer la beauté de la vocation du prêtre et la joie qui la caractérise.
De quelle crise parlons-nous ?
Nous vivons, en Occident, une crise des vocations sacerdotales : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les causes sont multiples : notre société vit une mutation, la place du prêtre y est moins valorisée qu’autrefois, les familles ont moins d’enfants, et surtout, il y a moins de croyants et de pratiquants dans nos paroisses.
Cela dit, il faut replacer cette crise dans son contexte. Nous sortons d’une période d’abondance. Il y a 50 ans, l’évêque se demandait où il pourrait bien placer ses jeunes prêtres ! Quel est le nombre idéal de prêtres ? On aimerait dire « le plus possible », comme on souhaite qu’il y ait beaucoup de croyants et de saints. Mais cela n’est pas quantifiable. D’un côté, il y a beaucoup à faire en pastorale. D’un autre côté, les prêtres accomplissent encore des tâches qui pourraient l’être par d’autres.
Un temps d’épreuve et de purification
Cette crise des vocations est une épreuve. Nous risquons de nous décourager ou de nous révolter : pourquoi de si maigres résultats, alors que nous n’avons jamais fait autant d’effort pour animer la pastorale des vocations - et pour soigner la formation des séminaristes ? En même temps, nous sommes convaincus que le Seigneur ne nous abandonne pas, et nous parle par cette épreuve. Comme autrefois au temps de l’Exil, Dieu fait signe, émonde et purifie son Église. La crise des vocations nous oblige à devenir humbles, à moins compter sur nos propres forces, mais à nous confier davantage à la grâce de Dieu.
Quelle pastorale de l’appel aujourd’hui ?
Certaines voix demandent de revenir à une logique de désignation comme dans les premiers siècles de l’Église : quand un poste était vacant, la personne la plus apte était choisie. C’est ce que nous faisons pour nommer un évêque ou le pape. Tandis que, pour les prêtres, nous continuons d’attendre ceux qui veulent bien se présenter. Il nous faudrait donc avoir le courage d’interpeller plus franchement. D’autres rappellent que chaque vocation est d’abord un don de Dieu à son Église. On ne peut donc pas mettre les postes au concours comme dans d’autres métiers. Par contre, nous pouvons agir en créant dans nos familles et nos communautés un « climat » favorisant une réponse à l’appel de Dieu.
Que faire concrètement ?
La prière reste notre première mission, celle que nous demande Jésus : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » (Luc 10, 2) Nous pourrions nous demander ce que nous apporte le ministère du prêtre, en quoi nous avons besoin de lui, et aussi comment nous parlons des prêtres, et ce que nous faisons pour donner envie à des enfants et à des jeunes de le devenir.
Les prêtres sont invités à être les premiers témoins de leur ministère. Que l’on puisse percevoir à travers eux, malgré les difficultés, la joie, la beauté et la qualité de leur vocation !
Pascal Desthieux
Pour en savoir plus : www.vocations.ch
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